lundi 26 décembre 2016

                           LES 3 CÔTÉS DU TRIANGLE

Quelle chance que d'être 3 sœurs pour s'épauler, se soutenir, se serrer les coudes comme les 3 côtés du triangle afin que rien ne puisse nous faire tomber! Nous le réalisons encore plus depuis que nos parents vieillissants ont besoin de nous plus que jamais.

Chacune sa force, sa compétence, on se complète et agissons en unité auprès de nos parents qui nous ont tant donné, qui ont si souvent sacrifier de leur temps pour nous dans le passé. C'est à notre tour de leur remettre ce qui leur revient pas par obligation mais par amour.

Nous sommes si différentes mais nous nous respectons dans ce qui nous rend unique et nos valeurs familiales profondes solidifient nos liens. Et le temps passe...nous traversons les décennies avec notre lot d'obligations, d'épreuves et de difficultés mais aussi de joies et de réalisations positives. Chacune d'entre nous se réalise d'abord dans son rôle de mère, dans le travail et le don de soi. Chantal, la pragmatique, France, l'aimante de la nature et Nancie , la créative.

Et nous sommes bien plus que ça...à trois, nous sommes rêveuses,  voyageuses,  curieuses,  généreuses, affectueuses, rassembleuses, fonceuses.... Plus fortes à 3, inébranlables!

Bientôt 2017, un tournant pour 2 d'entre nous. La cinquantaine pour moi, la soixantaine pour Chantal. Et Paris qui nous tend les bras...l'arc de ''TRIANGLE'', le musée ''triangulaire'' du Louvre et la tour Eiffel, y'a pas plus beau triangle sur 4 pattes! Vous avez pas fini d'en entendre parler! Paris en mai! Avec mes sœurs adorées!

lundi 12 décembre 2016

                           C'est quoi le problème avec ces hommes...




Une coiffeuse, c'est un peu comme un psy. Une relation de confiance s'installe, une proximité entre la cliente et la styliste capillaire. Je parlerai ici au féminin car bien que certains hommes se livrent aux confidences, c'est quand même plus rare.

Je parlerai d'une expérience vécue dernièrement en ne mentionnant ni prénom, ni détails pouvant compromettre la confidentialité de ces propos ( ma cliente n'est pas présente sur les médias sociaux). Si j'en parle c'est parce que malheureusement ce sujet est encore d'actualité et que plus nous nous exprimerons sur le sujet et peut-être que plus les mentalités changeront...

Elle a 2 garçons, fin de l'adolescence d'une union précédente et une fillette plus jeune issue d'une 2e union. Je l'ai coiffé lors de ses deux mariages. Elle a laissé le père de ses garçons parce qu'elle était tombée follement amoureuse d'un autre homme rencontré au travail. Cet homme semblait très attentionné et amoureux. Mais je me rappelle que lorsqu'elle m'a montré les photos de son mariage no.2, l'émotion ne traversait pas la pellicule. Je ne pouvais pas dire pourquoi ni mettre le doigt sur ce qui clochait mais je me rappelle très bien m'être dit qu'aucun sentiment amoureux n'émanait de ces clichés. Pourtant tout le monde était beau dans ce cadre idyllique. ( aujourd'hui, je sais que la mariée marchait déjà sur des œufs).

Depuis plus de 10 ans, je croyais que tout allait bien dans sa vie. Bon travail, belle maison, beaux enfants. Tout pour être heureux. Mes collègues de travail ne la trouvait pas très souriante par contre...est-ce que c'était son air naturel ou un profond malaise?

J'ai appris dernièrement qu'elle venait de se séparer à nouveau. Qu'elle avait vécu de la violence physique et psychologique durant toutes ces années. Des crises terribles de jalousie, de possessivité, des rages jusqu'à défoncer des murs. L'enfer! Heureusement ses fils étaient maintenant en âge de protéger leur mère. Et l'histoire s'est terminée grâce à un appel aux policiers pour sortir l'homme violent de la maison avec une restriction de s'approcher de tous les membres de la famille.

Elle est à la fois soulagée et terrorisée face à l'avenir. En morceaux, elle doit maintenant se reconstruire. Il l'a traitait si mal que son estime d'elle-même est au plus bas. Que c'est triste qu'en 2016, les femmes aient encore à subir de la violence et un traitement si misérable...

Finalement , je n'ai pu être qu'une oreille attentive et un cocon chaleureux lorsque je l'ai prise dans mes bras en la priant de prendre bien soin d'elle maintenant. Cette histoire m'a bouleversée et m'a fait sentir encore plus privilégiée. J'ai déjà vécu de la violence psychologique avec un copain que j'avais à l'âge de 17 ans. J'ai enduré pendant deux ans des choses que je n'aurais pas dû endurer. Lorsque je l'ai laissé, je me souviens très bien de m'être choisie et d'avoir eu la conviction que je méritais mieux et que j'allais choisir un jour un meilleur père pour mes enfants.


mardi 22 novembre 2016

                          


                                      LES EFFLUVES DU BONHEUR

Un ami me raconte qu'après avoir frôlé la mort sur une route enneigée, une certitude avait envahie ses pensées...

Il pouvait mourir en paix. Ses enfants étaient des adultes heureux ayant commencé à bâtir leurs vies d'une façon des plus authentique.

Et ça m'a rappelé un moment bien précis dans la mienne...

10 décembre 1992, lors d'un holdup au salon de coiffure où je travaillais, j'avais le révolver du bandit bien appuyé sur mes côtes. Ma fille avait alors 9 mois et elle dormait probablement paisiblement dans sa bassinette. Je ne voulais pas du tout mourir ce soir-là. Ma fille avait besoin de moi et je n'avais que 25 ans.

Aujourd'hui, à presque 50 ans, au mitan de ma vie, Est-ce que je pourrais partir en paix?

Oui, peut-être...

Mais j'ai encore trop à faire!

Tant de rêves encore à réaliser, tant de surprises à savourer. Le plaisir de devenir grand-mère, d'autres voyages dans des contrées lointaines, publier un roman, faire du bénévolat, peindre, faire de la photo etc...Car la vie c'est ça, plein de choses inattendues au tournant d'une avenue. Des montagnes russes d'émotions. La peur ou la déprime en descendant puis une montée d'adrénaline en remontant. Un ciel gris suivi d'une éclaircie. Un arc-en-ciel après la pluie. Des larmes qui coulent sans raison puis un moment de fou rire,  un éclat de joie.

Les trésors que la vie nous révèle prennent toutes sortes de formes, de belles fiertés, de petites réalisations, des sensations agréables et  mille et un bonheurs qui se dressent sur notre chemin de vie.

On ne peut pas capturer le bonheur mais il faut savoir saisir les effluves de son parfum!

dimanche 30 octobre 2016



                                   AJOUTER DU PIQUANT À NOVEMBRE

Novembre est à nos portes. Un mois gris, dépouillé, aux jours courts. On se prépare pour l'hiver, toujours un peu plus difficile à mesure que l'on vieilli. On se replie sur soi, on s'emmitoufle, lainage, couverture et feu de foyer.

Heureusement, il y a un peu de lumière et de gaieté avec les préparatifs du temps des fêtes.  Cette période de l'année s'avérant un fardeau ou une grande joie dépendamment de notre réalité. Entre temps,  novembre célèbre les repas réconfortants, la musique feutré et les séries télé .

Pour ne pas tomber dans la déprime saisonnière, vaut mieux ajouter du piquant à ce mois particulier.
Quoi de mieux qu'un projet! Décoration, rénovation, préparation d'un évènement ou d'un futur voyage...le temps parfait pour changer des choses. Bouger les meubles. Transformer notre environnement ou la garde-robe. Porter de la couleur, il n'y a pas que le noir et le gris! Oser du rouge, du bleu, du jaune même en automne. Oser une nouvelle coupe de cheveux, de nouvelles nuances.

Et même si le temps frais nous fait glisser les pieds dans nos pantoufles, il ne faut pas s'y enliser. Mais se lancer des défis, essayer de nouvelles choses, élargir ses champs d'intérêts. Se débarrasser du superflu et de tout ce qu'on accumule depuis des lustres. Alléger notre intérieur, épurer son décor. Remettre les pendules à l'heure.  Concocter de nouvelles recettes afin d'égayer cette période de l'année plus morne. Novembre, le mois des morts. Pourquoi au contraire n'en ferions nous pas une période plus vivante? Et s'il s'agissait que d'un petit projet...lequel choisiriez-vous?

Pour ma part, je compte bien rendre mes deux derniers mois dans la quarantaine, les plus agréables possible! Une nouvelle étape m'attend très bientôt dans le détour...on n'y peut rien, c'est la vie et elle va très vite!  Malgré les embuches et les épreuves, gardons notre cœur d'enfant, continuons de s'émerveiller pour un rien et d'un novembre à l'autre célébrons la vie !

mercredi 24 août 2016

                                   MEA CULPA

Je dois faire mon mea culpa. Puisque je ne visite plus vraiment les églises , je me confesserai ici parmi vous. Peut-être allègerais-je ainsi ma conscience...

Durant le déménagement de mes parents de 83 et 84 ans, nous avons constaté que pendant qu'ils faisaient leurs boites durant plusieurs semaines, ils avaient probablement perdu le fil de ce qui était à donner ou à jeter. Tout s'est retrouvé pèle-mêle, le bon comme le vieux, les choses pratiques et celles bien inutiles. Les trucs jolis et les choses....comment dirai-je...quétaines et passées date.

Mais qui suis-je pour dire que quelque chose est destinée aux poubelles? En tout cas, je sous-estimais l'attachement que mes parents avaient pour certains objets. J'essayais de les convaincre d'opter pour un décor plus épuré et de se délester du superflu. Cette génération de gens adorent les bibelots, les fleurs en plastique et les gugusses de tous genres. Ils gardent des choses qui me paraissent inutiles depuis plus de 40 ans.

Lors de l'ouverture des fameuses boites, mes sœurs et moi aurions aimé jeter la moitié de ce qui nous tombait sous la main. Par respect pour eux, nous avons presque tout conservé. Je dis presque...parce qu' à certains moments ce fut plus fort que moi....

Une vieille camisole grise ( auparavant blanche) prit le bord des poubelles sans que quiconque n'ait vu mon geste délibéré. Et un canard jaune fait à partir d'une débarbouillette de ratine contenant un savon était aussi vilain que le petit canard de l'histoire de notre enfance. Je me suis alors dit...'' qu'est-ce qu'elle fait encore avec ça ma mère?'' Je l'ai fait disparaitre sans aucun scrupule, me disant qu'elle ne s'en soucierait guère...mais c'était bien mal la connaitre...

Cette semaine, elle m'a dit :

''y'a juste une chose que je n'ai pas retrouvée...tu sais le petit canard jaune que je gardais dans la salle de bain...''

'' Je ne l'ai pas vu'' ai-je menti  ( mon Dieu, j'ai menti à ma mère)

Puis elle a dit...C' est Frédérique qui me l'avait fait lorsqu'elle était en maternelle.

Oh mon Dieu! j' avais oublié que c'était ma fille qui avait fait cette horreur. Comme quoi le regard d' une grand mère est biaisé  par l'amour qu'elle porte a sa descendance.

Jamais plus je ne commettrai un tel péché,  je le jure!

dimanche 21 août 2016

ON PEUT AVOIR PLUS D'UNE VIE DANS UNE VIE

À défaut de troquer l'argent pour l'or, j'aimerais troquer mon peigne contre une plume.

D'aussi loin que je me souvienne, mon énergie créative s'est toujours insufflée de la tête  vers les bras, jusqu'aux mains. D'une idée, s'en suivait  un mouvement jusqu'à l'optention d'une réalisation. Avec dans la main, un peigne,  une brosse ou des ciseaux. Comme dans roche, papier, ciseaux. ...je garderais le papier. Un tout nouveau canevas. Une page blanche sur laquelle j'y coucherais mes états d'âme aussi bien que le fil de mille et une histoires cousues et décousues

Je rêve d'un lieu au décor épuré,  tout en camaïeu.  D'un grand bureau en bois de rose niché devant une grande fenêtre.  D'un beau fauteuil confortable. Une pile de feuilles,  une plume et du temps. ..voilà.  Il n'en faut pas plus pour illustrer ce dont j'aurais besoin pour accéder à mon métier de rêve. Écrire,  écrire,  écrire.

Écrire pour m'exprimer,  pour me libérer. Écrire pour soutirer un sourire. Écrire pour faire monter une émotion ou faire couler une larme. Écrire pour surprendre, écrire pour éveiller les consciences.  Mais surtout, surtout pour me réaliser.

Le temps est venu de sortir tout ce qui dort dans mes tiroirs ( au propre comme au figuré  ) et de peaufiner le tout avec la petite touche de magie qui prend vie avec l'inspiration.

dimanche 10 juillet 2016

                                          À L'IMPROVISTE

En se promenant dans un quartier à la pénombre, on peut jeter des petits regards indiscrets à travers les carreaux des fenêtres. Avec juste ce qu'il faut d'éclairage, on s'imagine mille et une histoires. Des joies et des drames, des surprises et des malentendus...

La rue De Courval n'y faisait pas exception. Elle était bordée de hauts peupliers pointant vers le ciel. Ses larges trottoirs étaient invitants. S'y baladaient des couples main dans la main ou d'autres, le regard rivé sur un cellulaire. Des écoliers au petit matin ou des adolescents à la fin des classes. Les maisons de plain-pied de style Ranch Californien avaient du cachet et donnaient de l'envergure au quartier. Sur la rue De Courval, le voisinage se voulait discret,  où des vies paisibles en apparence côtoyaient des réalités surprenantes.

Au 239, une famille de quatre s'y était installée 5 ans auparavant. Deux parents et deux enfants. Mais des enfants devenus grands. Deux garçons de 17 ans, des jumeaux. Les parents étaient partis pour le long weekend. Laissant pour la première fois les jumeaux seuls. Ils étaient grands et assez sages. Monsieur, madame étaient partis sans inquiétude. Mais les mauvaises nouvelles étaient venues d'ailleurs....du côté des grands-parents paternels. Dimanche midi, un coup de fil inquiétant. Grand-papa avait fait un AVC. Il était hospitalisé. Papa, maman allaient revenir de toute urgence. Leur weekend serait écourté.

Durant le trajet de 4 heures sur la 20, un stress tangible s'installait. L'appréhension de la suite des choses. Dimanche après-midi, 4h30, monsieur, madame stationnaient la voiture dans l'allée du 239. Juste le temps de déposer les bagages à la maison, enfiler des vêtements plus appropriés puis filer vers l'hôpital.

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Au 251, Henri était bien installé devant l'immense ilot de la cuisine. Un livre de recettes ouvert. Tous les ingrédients mesurés attendant patiemment dans de petits bols au formats identiques comme dans les émission de gastronomie. Il s'apprêtait à concocter un festin de roi, digne d'un grand restaurant 5*. C'est qu'il voulait impressionner ce cher Henri!

La table pour le souper était déjà mise. Deux couverts se faisaient face sur une jolie nappe de dentelle de Bruges. La coutellerie des grandes occasions, les coupes élégantes et les serviettes de table agencées à la nappe enjolivaient le décor. Vers 17h, Nicole viendrait le rejoindre.

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Au 264, un couple seul, sans enfant. L'homme, grand, mince était architecte. Il avait environ 50 ans et adorait l'horticulture. Toutes ses journées de congé étaient consacrées à l'entretien de sa cour, de ses plates-bandes et à la taille de ses arbres et arbustes. Le terrain était impeccable. Aucune herbe ne rebroussait. Aucune pousse indésirable ne survivait plus que quelques heures.

Sa femme, une brunette élégante était coiffeuse. Dans ses loisirs, elle jouait au tennis. Un couple sans histoire, affectueux et attentifs l'un envers l'autre qui faisait des jaloux parmi ceux qui paraissaient plus fragiles.

Les couples se faisaient et se défaisaient, se nouaient et se dénouaient depuis la nuit des temps.
Pourquoi certains semblaient inséparables , à l'abri des grosses crises existentielles...S'il existait une recette, tout le monde voulait la connaitre. Il y avait bien celle-ci...la PDA que chacun devrait appliquer...P pour projets, D pour désir et A pour admiration. Le couple du 264 semblait bien maitriser l'art de la bonne entente et de la communication. Ils étaient ensemble depuis 25 ans et toujours amoureux. Ayant plein d'activités communes mais se laissant aussi du temps chacun pour soi. Un couple modèle.

En ce dimanche du mois de mai comme à chaque dimanche entre 16 h et 18 h la dame se joignait à sa ligue de tennis. L'homme ayant terminé l'entretien du jardin entrait pour lire ou pour débuter le souper.

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Au 251, Henri accueillait sa belle Nicole qui arrivait avec un peu de retard. Comme l'occasion faisait le larron et que les deux s'entendaient comme larrons en foire, il avait décidé de profiter de l'absence de son épouse, partie en voyage d'affaire à Toronto jusqu'à lundi pour inviter chez lui ( n'était-ce pas aussi chez elle...) la dame qu' il courtisait sur internet depuis quelques semaines. Le désir qui avait grandi au fil des jours à coups de textos et/ou de sextos atteignait maintenant son apogée en se voyant enfin en chair et en os.

Henri et Nicole se tombèrent dans les bras en oubliant le rôti qui cuisait lentement dans l'auto cuiseur,  les poivrons qui grillaient au fourneau et les bulles qui perdaient de leur effervescence. Tout pétillait pourtant dans leur corps et dans leurs yeux.

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La porte du 239 s'entrouvra sur une maison complètement vide, dénuée du moindre meuble, les murs dégarnis de leur apparat. L'écho était tout de suite perceptible. Les parents n'en revenaient pas. En revenant à l'improviste, jamais ils auraient cru retrouver leur maison ainsi, vide , nue, dépouillée de tout. Surpris et décontenancés, le couple se dirigea vers la cuisine. Sur le comptoir, étaient étalées plusieurs photos. Des prises étranges, chaque pièce de la maison avaient été capté sous plusieurs angles dans leur état habituel. Les meubles, les cadres, les livres et bibelots, tout avait été mis en évidence comme des clichés dans des magazines de déco.

- Max, Will!

- Ils sont peut-être dans leur chambre.

Les parents estomaqués se dirigèrent vers le fond du corridor en espérant trouver une explication à cette étrange situation. Dans leur chambre intacte, les jumeaux dormaient comme des souches. Ils se réveillèrent difficilement malgré le bruit de leurs parents mécontents. Mais lorsqu'ils réalisèrent qu'ils étaient vraiment là dans la chambre, tous deux se levèrent avec de la  panique dans les yeux et des ressorts dans les jambes.

- Qu'est-ce qui s'est passé ici?

- On peut tout vous expliquer! Lâcha l'un des jumeaux.

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La joueuse de tennis s'était tordue une cheville juste au début du premier set. Un mauvais mouvement, une platitude. Elle avait donc décidé de rebrousser chemin et d'aller plutôt étendre cette patte douloureuse sur de la glace à la maison au 264 de Courval.  Home sweet home. Quand ça n'allait pas , rien de mieux que le confort de son foyer.

Elle poussa la porte tranquillement prenant soin de ne pas trop mettre de pesanteur sur la cheville endolorie. Se dirigeant lentement et sans bruit vers la cuisine, elle entrevu lorsqu'elle passa devant l'embrasure de la porte de sa chambre, une femme. Perplexe, elle observa cette femme, la détaillant des pieds à la tête. ses yeux se jetant d'abord sur les escarpins qui lui paraissaient familiers. Ils étaient roses. Ses escarpins! Cette femme portait ses souliers!

Des collants de couleur chair dévoilaient de longues jambes bien galbées. Puis une jupe d'un gris pâle qui lui disait quelque chose...

- Mais c'est mon tailleur tout neuf!

La jupe de style crayon s'ajustait à la perfection à cette inconnue et son chemisier blanc épousait bien les courbes de cette femme à la taille de mannequin. Alors, elle leva le regard sur le visage et la tête de l'intruse...

Son mari! L'homme qu'elle avait toujours trouvé des plus viril. L'homme dont elle était amoureuse depuis des lustres. L'homme dont elle croyait tout connaitre et qui n'avait ( croyait-elle) aucun secret pour elle...se tenait là, habillée comme elle.

Prit sur le fait, il ne trouva rien à dire. Une simple et piteuse émotion évoqua un remord. Le couple, stupéfait, se rerouva nez à nez, bouche bée.

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L'épouse d'Henri avait suivi son intuition. Celle qui lui dicta que quelque chose ne tournait pas rond. Depuis quelques temps déjà, elle ne reconnaissait plus son Henri. Il était plus distant mais littérallement ''scotché'' ;a sa tablette électronique. Il semblait souvent sur le ''qui vive'', nerveux, différent. Elle avait donc prit un vol de retour une journée plus tôt que prévu sans avertir son mari.

Elle devait en avoir le coeur net, le confronter avec les doutes qui l'assaillaient. Son instinct la guidait en ce dimanche soir. Lorsqu'elle mit la clé dans la serrure, elle réalisa qu'elle se lançait dans le vide, vers l'inconnu. Qu'allait-elle découvrir? Et que deviendrait sa vie, jusque là parfaite en apparence?

Dans le salon, elle découvrit d'abord une veste de cachemire de couleur peau de pêche. Dans le hall menant à la chambre, une paire d'escarpin qui n'était pas sienne. Et lorsqu'elle poussa la porte...deux corps enlacés dans le lit conjugal. Les rayons du soleil couchant qui s'étalaient sur leurs peaux nues.

Sans réfléchir, elle se précipita vers la commode, ses yeux ayant repéré le sac à main de la fautive. Elle l'agrippa et sortit rapidement de la pièce laissant le couple d'amants pantois. Elle courut vers la cuisine et ouvrit les portes françaises qui donnaient sur la cour. Elle entendit du bruit et du mouvement mais s'empressa de mettre la main sur le porte-feuille qu'elle lança de toute ses forces dans la piscine. Ensuite , elle prit les clés et un cellulaire qu'elle lança également mais cette fois-ci dans l'énorme haie qui délimitait les terrains avoisinants. La femme qui avait enfilé rapidement une paire de petites culottes et une chemise devina le stratagème de l'épouse et découragée sortit dehors afin de récupérer ses trucs.

Henri se vêtit rapidement et s'enfuit par en avant dans sa voiture en abandonnant femme et maitresse.La dame de la maison verrouilla toutes les portes et laissa sa colère descendre d'un cran. Elle s'amusa à observer cette femme qui, à quatre pattes au pied de la haie tentait de retrouver ses clés. Des heures passèrent et elle cherchait toujours. La pénombre avait cédé la place à une grande noirceur rendant beaucoup plus difficile les recherches. Sans ses clés et sans son téléphone, elle ne pouvait aller bien loin. Cette soirée qui s'annonçait romantique tournait au cauchemar.

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L'explication des jumeaux n'avait ni queue ni tête pour les parents.

- On voulait vous faire une surprise et tout repeindre. Les meubles sont tous dans le garage. Nous allions tout replacer, juré!

Ils apprendront après leur avoir tiré les vers du nez que les jumeaux avaient viré tout un party la veille et pour être certains de ne rien abimer, avaient tout fait disparaitre. Ils avaient pris soin de prendre des clichés pour tout replacer exactement comme c'était. Espérant que leurs parents ne s'apercevraient pas qu'un ''rave'' avait eu lieu dans leur résidence.

Quel mal ils s'étaient donné!

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On ne sait jamais ce qui nous attend lorsqu'on revient à l'improviste. La vie est souvent pleine de surprises!

dimanche 19 juin 2016

                      L'APPRÉCIATION DES CHOSES

Il y eut un temps, pendant une bonne dizaine d'années en fait où je me cherchais, où j'attendais quelque chose...certains vivent cette crise à 40 ou à 50 ans, moi, ce fut durant la trentaine. J'étais en pleine remise en question de tout. J'aurais voulu que ma vie ressemble aux histoires que l'on voit dans les films, aux scènes romantiques et aux revirements inattendus.

Que de temps perdu à envier les autres! Et même si ce n'était pas de la jalousie malsaine, ça me faisait du tort à moi. Je me comparais trop aux autres. Les gens faisaient de beaux voyages, de belles rénovations, acquéraient de beaux biens matériels... Tandis que moi, je trouvais ma vie plate. Aujourd'hui, je suis heureuse pour les autres et j'ai appris que ce qu'ils peuvent dire et l'image qu'ils projettent ne sont pas toujours le reflet de leur réalité.

Je me rappelle que pendant cette période lorsque je me retrouvais devant les cartes d'anniversaire à la pharmacie, je ne trouvais rien qui traduisait mes sentiments, rien ne convenait. Une amie m'avait dit qu'il fallait accepter les choses ou les changer. Moi, je ne voulais rien changer ni les accepter non plus si ''accepter'' voulait dire, ''se contenter'' ou ''endurer''. Aujourd'hui je comprends ce que je recherchais car je l'ai enfin trouvé. Je voulais apprécier réellement les choses, les ressentir profondément. Et ce sentiment ne s'achète pas. Si on attend que tout soit parfait dans notre relation de couple, dans le travail, dans notre lien avec nos enfants, si on attend qu'un agent extérieur nous rende heureuse, que les choses changent comme par magie, nous pouvons être désillusionnée et devenir aigrie.

Un sentiment de paix et de bonheur intérieur arrive tout simplement à force d'expériences de vie. En communiquant bien avec autrui et en exprimant clairement ce que l'on veut . Certains ont le bonheur facile et une prédisposition à apprécier leur vie comme elle est. Pour d'autres comme moi qui sommes plus exigeants, nous atteignons cette béatitude et ce bien-être en récoltant le bonheur qu'on a semé au bout d'un certain temps et non chaque année comme pour les récoltes d'automne. Et au lieu de regarder trop loin ou trop large, remarquer les petits bonheurs tous proches.

Pourtant ma mère me disait souvent de focusser sur le positif et non sur le négatif. De voir les qualités des gens plutôt que leurs défauts, Le bon côté des choses au lieu des irritants. Et j'essayais de tout mettre ça en pratique, je le prêchais à tout vent sans toutefois y croire réellement...Je croyais pourtant que j'appliquais ces principes dans ma vie mais maintenant je sais faire la différence parce que cette sensation que je ressens lorsque le bonheur se pointe est authentique . Je l'accueille véritablement et elle me nourrit. Et surtout je ne l'évalue plus sur le barème ou l'échelle du bonheur.

Malheureusement il faut souvent vivre un peu de malheur pour apprécier le bonheur. Alors aujourd'hui je peux dire que le plaisir est pour moi et non comparable. Je le mérite et je le prends. J'y goûte et le savoure puis je le garde précieusement dans un tiroir de mon cœur. Et quand je serai vieille et épuisée, j'irai puiser dans ces beaux souvenirs pour m'accrocher encore un sourire au visage et pouvoir me dire que j'ai été chanceuse et privilégiée!

mardi 26 avril 2016

                                      UNE VIRÉÉ ABITIBIENNE

Mes parents vieillissant ne pourront peut-être plus refouler la terre de leur jeunesse. J'ai donc pendant quatre jours été leurs yeux, leurs bras et leurs mémoires. Mon père m'avait demandé de prendre des photos de notre ville natale, La Sarre qui fêtera ses 100 ans en 2017. Le spectacle de chorale de ma cousine avec l'excellent chanteur et musicien Patrick Norman fut le prétexte idéal pour me lancer dans cette aventure.

Dimanche, j'aurais pu travailler au Gala Artis . Bien sûr j'aurais beaucoup apprécié me retrouver dans ce monde ''glam'' entourée d'artistes plus chics les uns que les autres. Mais j'avais décidé de décrocher de tout et je l'assumais pleinement. Et en fin de compte me retrouver en famille avec toute la chaleur humaine que j'ai ressenti, les rires, les accolades et l'accueil extraordinaire de chacun a  rendu mon weekend inoubliable.

Un ''road trip'' où des liens se tissent, des échanges savoureux se partagent et que les souvenirs d'enfance refont surface, ça n'a pas de prix! J'ai une famille élargie exceptionnelle. Du bon monde comme on dit. Des gens simples, généreux et aimants. Chez chacun d'entre eux, je me suis sentie bien, à l'aise et confortable. J'ai dans ma famille des gens de cœur, des gens vrais et authentiques.

J'aurais très bien pu y passer toute ma vie si mes parents en avaient décidé autrement en 1969. Car tous les étés où j'y suis retournée, j'appréciais le rythme de la vie là-bas. La tranquillité sur la ferme de mes grands-parents à gambader dans les champs , me promener en quatre roues, jaser avec les vaches qui avaient toutes un prénom ou jouer dans les cages à poules. J'ai vu des petits veaux naître. J'ai vu l'entraide. J'ai vu le dévouement. Et surtout beaucoup d'amour!

J'ai la chance de venir d'une famille tissée serré. Où les valeurs familiales sont primordiales. Là où  l'essentiel est dans les choses simples, sans fla fla  sans chichi, à la bonne franquette! Et les gens de là-bas ont beau être plus isolés, plus retirés par rapport aux grands centres, ils sont actifs, ouverts sur le monde, plusieurs voyagent beaucoup, ont des multitudes de projets et d'activités. La génération suivante, celle des jeunes, est belle. Pleine de projets et d'ambitions. Certains partent loin pour étudier et ceux qui le peuvent reviennent dans leur région pour y bâtir carrière et famille. Ils ont compris que ce qu'ils ont besoin pour être heureux se résume à la proximité et à l'amour des leurs.

J'ai croisé des cousins et cousines que je n'avais pas vu depuis longtemps. Des gens inspirants, optimistes et courageux. Des gens qui s'impliquent dans leur communauté, qui veillent sur les aînés et qui se dévouent pour leur enfant handicapé. Des gens humbles mais combien ''grands''. Et des paroles profondes me restent en tête , des regards vrais me transpercent, des gestes m'inspirent...

Ayant à nouveau puisé dans mes racines, je reviens donc ressourcée et énergisée, prête à continuer à parcourir le sentier de ma vie.

mardi 5 avril 2016

                                            VIVRE DANS LA NUIT


18h30  Je range tout dans la cuisine. Je récure les chaudrons. Je remplie le lave-vaisselle. Un coup de torchon, deux coups de balai. Et hop! Je me fais couler un bain. Mes vêtements bien préparés, je n'aurai qu'à sauter dedans au levé. Un dernier petit tour des médias sociaux. (Nouveau rituel des années 2010) . Je me brosse les dents et gobe deux petits comprimés de Mélatonine 5 mg.

Il faut beaucoup de discipline pour s'attaquer aux horaires de travail très tôt aux aurores. Je lève mon chapeau à tous ceux qui ont des horaires de travail atypiques et surtout ceux  avec de jeunes enfants .

19h30  Quelques minutes la tête sur l'oreiller me suffisent. Je plonge dans les bras de Morphée. Heureusement.

2h Am  Mon radio- réveil m'extirpe d'un rêve agréable. Le volume un peu trop fort. Mon conjoint en est légèrement incommodé. IL se retourne dans le lit et replonge dans un sommeil profond. Le chanceux! Je bondi hors du lit et m'enferme quelques minutes dans la salle de bain. Le temps de glisser dans mes vêtements et de me faire une mise en beauté express. Un peu, pas trop. Juste assez pour ne pas faire peur. Je me brosse les dents et les cheveux. Je me prépare un lunch en 5 minutes. Et croise mon fils de 21 ans autour du garde-manger qui lui,  attrape quelque chose à grignoter juste avant d'aller au lit.

''Allo, bonne nuit''

2h30 J'enfile mes bottillons, mon manteau chaud (encore!), un foulard, des gants. Je débranche mon cell qui était sur sa charge. Le glisse dans mon sac à main que je porte en bandoulière. Agrippe ma valise que j'avais laissé sur le bord de la porte. Ha! oui! Mon lunch.

2h35 Je sors. Il fait noir comme chez le diable. Il fait froid comme en Janvier. Hé! On est en Avril! Mais comme j'aime ce moment seule dans ma voiture. Seule dans les rues, seule ou presque sur l'autoroute où je file à 112 km/h envoûtée par la musique qui m'accompagne.

2h55  En roulant sur Décarie, un souvenir de jeunesse me revient en mémoire. J'ai 17 ans, mon copain est au volant mais n'a pas encore trop trop le sens de l'orientation. On veut se rendre au centre-ville de Montréal. Moi, me pensant bien bonne en remarquant la sortie Sherbrooke, je lui dis d'aller à droite, que le centre-ville est à l'ouest. On  roule, on roule mais on ne trouve jamais le centre-ville. Et quand on revient sur nos pas, il est désormais temps de rentrer, l'heure du couvre-feu va bientôt sonner!

3h10 Je me gare devant la grande tour bl. René Lévesque. Le vent souffle fort. J'ai hâte de me réfugier au chaud. À l'intérieur, les corridors sont déserts. Je n'entends que le bruit des roues de ma valise rouge qui frottent sur le tapis rugueux. De chaque côté du long corridor qui mène à la salle de maquillage, des casiers sont alignés comme à l'école. Des souvenirs du secondaire refont surface. Appuyée contre un casier similaire et me faire flirter entre deux cloches. Puis courir à un cours les bras chargés de livres. Tenter de me concentrer sur la matière quand tout ce que j'ai à l'esprit sont ce regard et ces mots qu'un jeune garçon (que je crois un homme) m'a lancé comme autant de promesses que les premiers bourgeons du printemps.

3h15  Je m'installe à mon poste de la brigade beauté. Rapidement, les animateurs arrivent les uns après les autres, une chroniqueuse culturel, un gars des sports, la fille de la météo, de l'actualité, tous pimpants, allumés, informés, fins prêts.

4h55 Dernières retouches avant le début du show. J'enjambe les fils, contourne les caméras et sous les projecteurs je replace une mèche, en fixe une autre pendant que les animateurs installent et ajustent leurs oreillettes et leurs micros dans un calme olympien. Ils maîtrisent leur art. L'émission est rodé. Tout est calculé au quart de tour. 30 secondes. Chacun prend sa place sur le plateau. 10 secondes. Bientôt l'équipe entrera dans le foyer des gens pour les informer surtout, les accompagner et les divertir. Tant de gens seuls le sont moins grâce aux émissions du matin. Tel un rituel, ces gens que les téléspectateurs ont l'impression de connaître, entrent dans leur vie. Et je suis heureuse d'y contribuer. Faire ma petite part. Jouer un rôle. Servir. Ainsi, être aux premières loges des nouvelles. C'est euphorisant, instructif et enrichissant.

Je me sens au cœur de la vie et de la ville. Au cœur de l'action et de l'actualité. Je ne peux pas être plus à jour. Et bien qu'il y ait plus de mauvaises nouvelles que de bonnes, je me sens happée par tant d'informations. Ça m'interpelle, ça m'intéresse, ça me brusque et ça m'offusque. Mais jamais ne me laisse indifférente. C'est la société d'aujourd'hui au quelle je fais partie. C'est la vie. C'est ma vie.

dimanche 6 mars 2016




                  UNE BALADE ÉGYPTIENNE

Je me retrouve souvent dans des situations bizarres. Vous vous rapellez peut-être mon aventure chez les Roumains? Et bien, cette fois-ci, je me suis retrouvée dans une voiture, sur la banquette arrière, avec en avant deux Arabes dont celui au volant qui ne parlait aucunement français. Les deux hommes communiquaient entre eux dans leur langue.

Je n'étais pas dans un taxi mais pourtant dans la voiture de mon père. L'un des deux hommes, un Égyptien, faisait un essai routier avec son ami, mécanicien, dans le but de faire l'achat de la Toyota 2005 de mon père. Puisque je ne veux pas donner de trouble à mon papa, je m'occupe de répondre aux demandes des acheteurs potentiels.

Je ne suis pas une personne angoissée mais lorsque je suis catapultée dans une situation qui sort de l'ordinaire, mon imagination me fait alluciner! L'homme au volant conduisait rapidement. Je me suis alors rendue compte que j'avais laissé mon sac à main chez mes parents. Je n'avais rien sur moi, ni argent, ni cartes d'dentité, ni même de téléphone. Je me serais crue dans un film, kidnapée par deux ressortissants Arabes. Mais ils étaient au contraire plutôt gentils. Je n'étais aucunement en danger. Seule mon imagination me jouait des tours, me dictant des scénarios dignes des nombreuses scènes d'action que j'ai visionnées au courant de ma vie.

Toutes ces histoires de terroristes que l'on nous dévoile au bulletin d'information nous rendent quelque peu paranoiaques. Et ces bons immigrants en font les frais. J'adore découvrir les us et coutumes de d'autres nationalités. Comprendre leur parcours, leurs cheminements. Cet homme me raconta que sa femme et leurs enfants étaient retournés en Égypte pour quelques semaines afin de visiter la famille et recevoir des traitements dentaires beaucoup moins onéreux qu'au Québec. Il travaillait 70h/semaine pour subvenir aux besoins de sa famille. Il était poli,  respectueux et avait de bonnes manières. Lorsque l'on vend un bien, que ce soit voiture ou maison, on préfère toujours les remettre dans les mains de bonnes gens.

Avant de me retrouver dans une hutte avec des enfants Congolais aux pieds nus ou dans un wagon de métro interrompu à cause d'une panne entourée d'une bande de jeunes ''théatreux'' déguisés avec des costumes médiévaux, je vous souhaite une bonne et belle journée!

lundi 22 février 2016

                       


                              LA GRANDE TOUR

Quand j'étais petite, me lever à 3h du matin était une fête. Quand mes parents me réveillaient en plein coeur de la nuit, c'était synonyme de vacances. J'adorais casser la routine et prendre la route en pleine noirceur. Je me couchais sur la banquette arrière avec mon oreiller et je regardais les lampadaires allumés défiler le long de l'autoroute. Nous étions pratiquement seuls sur les grandes artères filant vers l'aventure. C'était pour moi un aussi grand bonheur que pour n'importe quel grand voyageur même si notre destination était Charlevoix ou l'Abitibi. Juste le fait de préparer des bagages et partir me procurait un grand plaisir.

Alors aujourd'hui, lorsque je dois me réveiller à 2,3h du matin, 2 à 3 fois par mois, ce n'est pas une torture pour moi. Car au volant de ma voiture filant sur l'autoroute presque déserte, voyant défiler les lampadaires allumés, je me retrouve finalement dans le même état d'esprit. J'ai une petite valise dans le coffre arrière sauf qu'au lieu de me diriger vers l'aéroport ou tout autre lieu de vacances, c'est le travail qui m'appelle. Mais le sentiment de liberté qui m'envahit est le même. Mes pensées ont le loisir de voguer à la dérive. J'apprécie ce calme dans l'habitacle de ma voiture et comme ambiance, la radio retransmet de douces mélodies que je fredonne gaiement.

Arrivée à destination, je gare mon véhicule boulevard René Lévesque au pied de la grande tour de Radio-Canada. Cette tour qui fait partie du paysage de Montréal depuis des lustres. Je ne peux croire qu'elle risque de disparaître. Cette institution, tel un emblème dans l'est de la ville qui s'illustre fièrement près du pont Jacques Cartier depuis 1973 créera bientôt un trou dans notre champs visuel tout comme les tours jumelles l'ont fait dans la grosse pomme en 2001.

La tour, ses bâtiments et tout le terrain sont à vendre pour la modique somme de 104 millions. À qui la chance?

dimanche 17 janvier 2016


                      CE QUI DÉBUTA PAR UN GROS SAC DE CHIPS...


Vendredi soir...j'ai un petit blues. Une mini déprime. J'enfile des vêtements mous, je regarde la télé avec un gros sac de chips que je dévore au complet. Oui, je sais...je mangeais mes émotions! Mon chum s'en allait quatre jours dans un tournoi de raquetteball à New York. Ce n'est pas pour ça que je déprimais mais parce que je n'avais aucun plan pour mon weekend de célibataire. Et de toute évidence, Clint Eastwood n'allait pas sonner à ma porte pour me demander des indications. Puisqu'on était au lendemain de mon anniversaire je me suis dit que je devrais probablement me faire plaisir, penser à moi et faire, pendant ces trois jours restant des choses qui me procurent de la joie au cœur et du bonheur. Comme le sucre à la crème, quand on en veut, on s'en fait!

Je décidai de prendre les choses comme elles viendraient, sans planification, selon l'inspiration du moment...mais puisqu'on ne sait jamais ce que la vie nous réserve et qu'à tout moment les plans peuvent ''prendre le bord'', je n'ai pas été surprise que mon weekend prenne une tournure tout autre que les plans initiaux. (ceux qui avaient quand même commencé à germer dans mon esprit)

J'ai donc dû, dès le samedi matin à la première heure aller au secours de ma belle-mère qui allait très mal depuis quelques jours. Ce qui avait d'abord débuté par une vilaine grippe prenait désormais la forme d'une bronchite ou pire...une pneumonie! Son état s'était rapidement aggravé. Je l'amenai donc à l'urgence puis à l'hôpital avec les résultats pas très beaux des radiographies. On l'hospitalisa sur le champ. Double pneumonie. Elle était vraiment en piteux état mais au moins entre bonnes mains. Je restai à son chevet toute la journée puis je quittai pour aller souper au resto avec mes enfants pour ma fête. Ma sœur France et son mari Denis me firent la surprise de leur présence et la soirée fut fort agréable. Les saveurs me rappelèrent l'Italie, C'était divin!

Puis vint dimanche. Mon beau-frère prit la relève auprès de sa mère. Je décidai alors de remplir ma journée de bonnes actions ( tant qu'à avoir débuté mon weekend dans cet esprit, pourquoi ne pas continuer de surfer sur cette vague...) Quelques semaines auparavant j'avais préparé un sac avec plusieurs choses utiles (comme des serviettes sanitaires, pâte et brosse à dents, mitaines, tuque, foulard, des bas chauds, des friandises etc...) dans l'intention de le remettre à une femme itinérante. Alors en ce dimanche ensoleillé et pas trop froid, je décrétai que cette journée en était une idéale pour mettre ce projet à exécution. Je suis allée stationner ma voiture au métro Montmorency pour ensuite sillonner la ligne orange jusqu'à la station Berri-UQUAM,  là où on est plus susceptible de rencontrer des sans-abri qu'autour de la Place Rosemère.

Une fois sur place, je fis le tour du quadrilatère à la recherche de la personne idéale. Celle à qui je voulais faire plaisir. Pas si simple que ça par contre! Il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes dans la rue. Au coin de St-Hubert et Ste-Catherine je vis une longue file de gens qui patientaient. En m'approchant, je constatai que c'était des itinérants. Des tables étaient installées dans le parc Emilie-Gamelin. Des bénévoles distribuaient des denrées aux gens démunis. 90% de ces gens étaient des hommes. En marchant jusqu'au bout de la file, je trouvai une femme d'environ 45 ans, avec une repousse de cheveux gris d'environ 1 an. (Mon œil de coiffeuse a tout de suite détecté ça!). Elle était mal vêtue et avait une mauvaise dentition. Tout le portrait d'une itinérante mais c'était délicat...Je ne voulais pas insulter qui que ce soit en lui prêtant l'étiquette de l'itinérance parce que son look s'apparentait plus à la chienne à Jacques qu'à la duchesse de Cambridge.( ne dit-on pas qu'il ne faut pas juger un livre par sa couverture... ou encore que l'habit ne fait pas le moine...) Je l'abordai donc en lui disant que j'avais des choses utiles à donner et que ces trucs étaient destinés à une femme. Que si elle pouvait en avoir besoin, cela me faisait grand plaisir. Ça ne fit aucun jaloux puisqu'autour il n'y avait que des hommes. Elle me remercia et parut contente.

Je repris le chemin du retour en métro avec le cœur léger et l'âme satisfaite. Je ne vous raconte pas ça pour m'attirer du mérite, loin de là . Au contraire, j'aimerais aider davantage si j'en avais le temps. Il y a des gens bien plus dévoués que moi. des gens qui font du bénévolat à l'année longue. Qui sacrifie énormément afin d'aider les autres. Certains prennent soin d'un enfant handicapé ou de leurs parents vieillissants au détriment de leur qualité de vie et de leurs besoins personnels. Je suis donc revenue à Laval pour rendre visite à mes parents, m'assurer qu'ils ne manquent de rien puis rendre visite à ma sœur Chantal, en convalescence suite à une opération au pied gauche. C'est bien beau penser aux plus démunis mais il ne faut pas oublier nos proches qui souvent ont des besoins mais n'osent demander.

Morale de cette histoire...bien que mon but premier était de penser à moi. Croyant que de me gâter ferait disparaître ma petite déprime...j'ai ressenti beaucoup de bonheur à donner plutôt que de recevoir, de penser aux autres plus qu'à moi-même et d'être utile plutôt que centrée sur ma personne. Le temps s'est écoulé lentement tout le long de la fin de semaine parce que je ressentais vraiment que j'étais dans l'instant présent. Rendre service est très valorisant. Et si chacun faisait sa petite contribution, le monde irait bien mieux.