vendredi 23 juin 2017

LE BONHEUR QUI SE DÉCLINE EN 20 SAVEURS

Je pratique le plus beau métier du monde parce qu'il me permet de développer ma créativité, de rendre les gens plus beaux et mieux dans leur peau. Je rehausse même leur moral d'un cran lorsqu'ils ont un ''bad hair day''! Et moi, j'y gagne au change puisque j'ai avec eux de savoureux entretiens, des échanges enrichissants grâce auxquels j'apprends et j'évolue.

Laissez moi vous raconter une histoire qui m'a touché dernièrement et qui me prouve une fois de plus que le bonheur se cache dans les petites choses...

Une femme d'une cinquantaine d'années voulant profiter pleinement des dernières années avec sa maman de 92 ans, adore la gâter. Elle sait bien que son temps avec elle , est compté... Elle lui achète de beaux vêtements griffés, des certificats cadeaux chez le coiffeur et l'esthéticienne. Elle l'amène dans de beaux et bons restaurants...Est-ce que tous ces cadeaux rendent la mère plus heureuse et font en sorte qu'elle aime et qu'elle apprécie davantage sa fille? Se poser la question est y répondre...je crois que tout ça fait encore plus plaisir à la fille elle-même puisque c'est elle qui aime voir sa mère bien mise et élégante.

Un jour, au début de l'été, la fille amena sa mère manger un cornet de crème glacée. Devant toute la variété de saveurs différentes, la mère ne savait quelle sorte choisir. La fille lui proposa d'arrêter son choix sur 2 sortes et la semaine suivante, elles reviendraient essayer 2 autres sortes. Ainsi de suite durant tout l'été afin de goûter et savourer chaque saveur disponible. La vieille dame savourait  sa crème glacée avec délice comme une enfant, se barbouillant le contour de la bouche, ramassant un dégouliné de crème glacée avec sa langue, en salissant même le revers de son col de chemisier. Elle ressentait un bonheur immense et appréciait cette sortie avec sa fille chaque semaine. Elle avait maintenant toujours hâte à cette sortie, l'anticipait, en rêvait même. Se demandant vers quelle saveur se dirigerait son choix tel jour et vers quel autre la semaine suivante. Aurait-elle envie d'un goût de pêche ou de pistache? Elle découvrait chaque fois de nouvelles saveurs encore plus étonnantes les unes que les autres et elle leur attribuait une note de 1 à 20 sur son échelle de satisfaction. Elle remercia chaque fois sa fille avec un réel sentiment de gratitude, bien plus grand que lorsqu'elle recevait des cadeaux dispendieux. La fille était remplie de joie de voir sa mère apprécier une sortie, en somme toute banale, à ce point. Durant ces moments ensemble, la mère et la fille remplissaient leur boite à souvenirs. Elles vivaient des instants d'une richesse infinie qui resteraient gravés à jamais. Ça valait tout l'or du monde et scellait d'une manière unique leur relation mère/fille.

Parfois on se casse la tête pour trouver un cadeau original ou on cherche ce qui ferait tant plaisir à nos proches...et souvent ce sont les choses les plus simples qui font émaner les plus grands bonheurs!

lundi 19 juin 2017

                                   FUIR LA ROUTINE

On est toujours le gros de quelqu'un ou le maigre d'un autre. Tout dépend de la perspective, de l'angle dans lequel on est placé. Tout est relatif et les comparaisons positives atténuent les complexes. Un jour, à l'épicerie, devant le comptoir de la charcuterie, une dame m'entend demander du jambon Perron. Elle me demande alors : '' qu'est-ce qu'il a de spécial le jambon Perron? Je ne le connais pas...''    Je lui réponds qu'il est maigre. Elle me détaille de la tête au pied et avec un petit sourire me dit : '' Ha! Je comprends! Vous faites bien de faire attention à votre taille.''

Pour cette dame ronde, j'étais mince. Tandis qu'une mince me trouverait peut-être bien en chair. Mais l'important est que moi, je me sente bien dans mon corps. Que j'apprécie sa santé et sa vitalité. En vieillissant, je constate de plus en plus ma chance d'être en forme, d'avoir la possibilité de bouger à ma guise et de faire tout ce que j'ai envie de faire sans restriction, sans prendre aucun médicament. Tout cela est tellement fragile.

Certains souffrent de diminutions physiques ou cognitives. Mon père par exemple, conscient qu'il souffre de problèmes de mémoires s'isole de plus en plus afin de cacher ces problèmes. Il fuit dans la marche et l'isolement. Lui, qui était si sociable nous surprend dans ses nouveaux comportements. Mais peut-être en ferions-nous autant dans la même situation...alors dépendamment de l'angle qu'on prend pour voir cette situation, elle nous parait absurde ou évidente! Et moi, je dois pratiquer le lâcher prise car je ne peux tout contrôler...encore moins mon père de 85 ans qui parait parfois à mes yeux... un fils de 8 ans!

Bien sûr, on a tous nos petits bobos...pour les miens, il y a mon chiro et ma massothérapeute sans lesquels je me trainerais parfois à quatre pattes! Il faut s'accorder du temps pour soi, se faire bichonner, relaxer et libérer les tensions. Je ne suis pas encore rendue à la méditation. Je suis une fausse ''zen''. Je devrai m'y mettre un de ces jours. Je sais que j'en retirerais plusieurs bienfaits. Pour l'instant, je cours encore après mon temps avec des horaires chargés pour des journées qui ne contiennent pas encore suffisamment d'heures. Un rythme effréné qui me plait,  il me faut l'avouer. J'aime être dans l'action. Des jours à ne rien faire me dépriment. Je fuis donc ( moi aussi) mais c'est la routine que je fuis le plus possible car je la trouve ennuyante.

J'aime les surprises, les changements à l'horaire, les décisions prises sur le ''fly''. J'aime la spontanéité, l'inattendu, la beauté des moments non planifiés. J'aime l'imprévisible, ce qui sort de l'ordinaire et tous les petits détails qui transforment une journée banale en souvenirs inoubliables! Se cachent souvent dans les détours d'une journée qui a pris une tangente imprévue des instants de pures bonheurs, des particules de joie qui nourrissent notre âme comme aucun projet planifié n'aurait pu faire. Laissons tout simplement ces moments entrer dans nos vies et sachons les savourer!