LE TEMPS QUI FAIT DES SIENNES
Je me suis levée à 2 heures du matin. 30 minutes plus tard j'ai pris la route. Une route presque déserte, certes, mais j'ai parcouru plusieurs kilomètres pour traverser la ville. J'ai mis en beauté quelques animateurs et journalistes télé. Après ces longues heures au travail, j'ai repris la route. Il était désormais 13h. Me suis arrêtée faire quelques commissions puis ai rendu visite à mon père (dont la notion du temps est devenue très abstraite). Je lui ai parti une brassée de lavage et remis quelques articles dont il avait besoin. Je l'embrasse! ''je reviendrai bientôt''. Il me semble que je passe souvent comme un coup de vent!
Je rentre à la maison en ayant qu'une chose en tête...me permettre un ''power nap'' afin d'être en forme durant la soirée. Il n'y a personne à la maison, tout est calme. La porte n'a pas été forcée, tout est à sa place...sauf...
Sauf, l'horloge de la salle à manger que je retrouve face contre terre, fracassée sur le sol. Pourtant le clou qui la retenait est toujours fixé au mur. Je regarde autour...la pile a roulé contre une plinthe du salon. Je soulève cette pauvre horloge. Elle a rendu l'âme. Ses aiguilles sont croches, la peinture est soulevée, ses rebords sont abîmés.
Mais qu'est-il arrivé?
Un tremblement de terre...la présence d'esprits dans la maison...je ne croirais pas. Seule hypothèse plausible...la vie. La vie qui m'envoie un signe.
Le temps file à toute allure. Tellement, qu'il recherche lui aussi des émotions fortes afin de se sentir vivant avant qu'il ne soit trop tard. À ses risques et périls. Le temps nous entraîne dans sa course folle. Une course contre la montre. Et plus les années passent, plus le temps nous glisse entre les doigts. Il se fait rare. Il joue même à la cachette. Il est rusé le temps. Il ne se laisse pas attraper facilement.
Le temps est un caméléon. Il prend les couleurs de nos dures labeurs. On le distingue difficilement. On croit le reconnaître et il s'enfuit déjà. Pourtant il ne rêve que de se faire apprivoiser. Qu'on lui accorde quelques minutes de qualité, quelques heures de bonheur. Il aimerait qu'on lui concède une victoire. Pour une fois, qu'on le laisse avoir le dessus sur nous. Enfin céder à ses caprices. Lui offrir un privilège.
Je crois que je sais ce qu'il réclamerait le temps...un moment en tête à tête, les yeux dans les yeux avec une oreille attentive. Tout simplement être à l'écoute, au vu et au su de tout. Être dans l'instant présent. Pas dans la nostalgie du passé ni dans l'appréhension du futur. Si simple à écrire mais si difficile à mettre en pratique...
Accorder du temps au temps.