dimanche 17 janvier 2016
CE QUI DÉBUTA PAR UN GROS SAC DE CHIPS...
Vendredi soir...j'ai un petit blues. Une mini déprime. J'enfile des vêtements mous, je regarde la télé avec un gros sac de chips que je dévore au complet. Oui, je sais...je mangeais mes émotions! Mon chum s'en allait quatre jours dans un tournoi de raquetteball à New York. Ce n'est pas pour ça que je déprimais mais parce que je n'avais aucun plan pour mon weekend de célibataire. Et de toute évidence, Clint Eastwood n'allait pas sonner à ma porte pour me demander des indications. Puisqu'on était au lendemain de mon anniversaire je me suis dit que je devrais probablement me faire plaisir, penser à moi et faire, pendant ces trois jours restant des choses qui me procurent de la joie au cœur et du bonheur. Comme le sucre à la crème, quand on en veut, on s'en fait!
Je décidai de prendre les choses comme elles viendraient, sans planification, selon l'inspiration du moment...mais puisqu'on ne sait jamais ce que la vie nous réserve et qu'à tout moment les plans peuvent ''prendre le bord'', je n'ai pas été surprise que mon weekend prenne une tournure tout autre que les plans initiaux. (ceux qui avaient quand même commencé à germer dans mon esprit)
J'ai donc dû, dès le samedi matin à la première heure aller au secours de ma belle-mère qui allait très mal depuis quelques jours. Ce qui avait d'abord débuté par une vilaine grippe prenait désormais la forme d'une bronchite ou pire...une pneumonie! Son état s'était rapidement aggravé. Je l'amenai donc à l'urgence puis à l'hôpital avec les résultats pas très beaux des radiographies. On l'hospitalisa sur le champ. Double pneumonie. Elle était vraiment en piteux état mais au moins entre bonnes mains. Je restai à son chevet toute la journée puis je quittai pour aller souper au resto avec mes enfants pour ma fête. Ma sœur France et son mari Denis me firent la surprise de leur présence et la soirée fut fort agréable. Les saveurs me rappelèrent l'Italie, C'était divin!
Puis vint dimanche. Mon beau-frère prit la relève auprès de sa mère. Je décidai alors de remplir ma journée de bonnes actions ( tant qu'à avoir débuté mon weekend dans cet esprit, pourquoi ne pas continuer de surfer sur cette vague...) Quelques semaines auparavant j'avais préparé un sac avec plusieurs choses utiles (comme des serviettes sanitaires, pâte et brosse à dents, mitaines, tuque, foulard, des bas chauds, des friandises etc...) dans l'intention de le remettre à une femme itinérante. Alors en ce dimanche ensoleillé et pas trop froid, je décrétai que cette journée en était une idéale pour mettre ce projet à exécution. Je suis allée stationner ma voiture au métro Montmorency pour ensuite sillonner la ligne orange jusqu'à la station Berri-UQUAM, là où on est plus susceptible de rencontrer des sans-abri qu'autour de la Place Rosemère.
Une fois sur place, je fis le tour du quadrilatère à la recherche de la personne idéale. Celle à qui je voulais faire plaisir. Pas si simple que ça par contre! Il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes dans la rue. Au coin de St-Hubert et Ste-Catherine je vis une longue file de gens qui patientaient. En m'approchant, je constatai que c'était des itinérants. Des tables étaient installées dans le parc Emilie-Gamelin. Des bénévoles distribuaient des denrées aux gens démunis. 90% de ces gens étaient des hommes. En marchant jusqu'au bout de la file, je trouvai une femme d'environ 45 ans, avec une repousse de cheveux gris d'environ 1 an. (Mon œil de coiffeuse a tout de suite détecté ça!). Elle était mal vêtue et avait une mauvaise dentition. Tout le portrait d'une itinérante mais c'était délicat...Je ne voulais pas insulter qui que ce soit en lui prêtant l'étiquette de l'itinérance parce que son look s'apparentait plus à la chienne à Jacques qu'à la duchesse de Cambridge.( ne dit-on pas qu'il ne faut pas juger un livre par sa couverture... ou encore que l'habit ne fait pas le moine...) Je l'abordai donc en lui disant que j'avais des choses utiles à donner et que ces trucs étaient destinés à une femme. Que si elle pouvait en avoir besoin, cela me faisait grand plaisir. Ça ne fit aucun jaloux puisqu'autour il n'y avait que des hommes. Elle me remercia et parut contente.
Je repris le chemin du retour en métro avec le cœur léger et l'âme satisfaite. Je ne vous raconte pas ça pour m'attirer du mérite, loin de là . Au contraire, j'aimerais aider davantage si j'en avais le temps. Il y a des gens bien plus dévoués que moi. des gens qui font du bénévolat à l'année longue. Qui sacrifie énormément afin d'aider les autres. Certains prennent soin d'un enfant handicapé ou de leurs parents vieillissants au détriment de leur qualité de vie et de leurs besoins personnels. Je suis donc revenue à Laval pour rendre visite à mes parents, m'assurer qu'ils ne manquent de rien puis rendre visite à ma sœur Chantal, en convalescence suite à une opération au pied gauche. C'est bien beau penser aux plus démunis mais il ne faut pas oublier nos proches qui souvent ont des besoins mais n'osent demander.
Morale de cette histoire...bien que mon but premier était de penser à moi. Croyant que de me gâter ferait disparaître ma petite déprime...j'ai ressenti beaucoup de bonheur à donner plutôt que de recevoir, de penser aux autres plus qu'à moi-même et d'être utile plutôt que centrée sur ma personne. Le temps s'est écoulé lentement tout le long de la fin de semaine parce que je ressentais vraiment que j'étais dans l'instant présent. Rendre service est très valorisant. Et si chacun faisait sa petite contribution, le monde irait bien mieux.
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