lundi 30 décembre 2019

                    

                       2020  ON Y EST PRESQUE!

Vous rappelez-vous comme l'an 2000 nous semblait loin? Et nous voilà en 2020! Pour moi, 2020 serait futuriste et finalement pas  tant que ça, avouez! La technologie est avancée, oui, mais tout se fait à un rythme où on peut tout assimiler graduellement. Y'a pas encore de voiture volante et on ne peut pas se téléporter.

Mais 2020 est un beau chiffre rond comme je les aime. C'est donc le temps parfait pour...

Se marier, faire des bébés. Déménager ou redécorer. Voyager ou s'enraciner. Tout dépend de vos goûts et de vos rêves!

Le temps de se refaire une santé ou de la préserver. Le temps de retourner étudier, de changer de métier. Le temps de se retirer!

Le temps de relaxer ou de plutôt plonger dans 2020 nouvelles réalités. Le temps de bouger, de danser, de créer.

Que vous soyez 2 ou 20, 2020 c'est le temps de s'amuser! C'est le temps de boire du 20 (vin), d'en acheter du bon, de le déguster, de l'apprécier.

Le temps de changer nos habitudes, de protéger notre planète. D'être conscientisé et préoccupé afin de mieux consommer.

2020 c'est aussi le temps de faire tout ce qu'on remet toujours à plus tard ( je pense à mon fils! lol)

D'ici la fin de l'année 2019 ce sera aussi le temps de pelleter!

Mais surtout, surtout 2020 est le temps d'aimer et de s'aimer. Il n'y a jamais meilleur temps que maintenant.

Bonne année 2020 à tous, que cette prochaine année soit tout ce que vous voulez qu'elle soit. Vous en avez le pouvoir. La balle est dans votre camp!

Un p.s. tout particulier à mes clientes que j'aime mais que j'ai délaissées. Je pense à vous souvent. Je vous retrouve même parfois dans mes rêves. Vous avez fait partie de ma vie pendant si longtemps...ce qui me manque c'est le fil de nos histoires, le fil de nos conversations qui a été rompu abruptement. Heureusement il y a fb pour suivre un peu de nos vies! 

Santé et bonheur à tous xxx

samedi 23 novembre 2019


                                       SUR SON X, Y, Z


Ça me fait rire quand je lis dans les médias que tel couple s'est séparé après 15 ans ou 20 ans de bonheur. Comme si tout allait bien et qu'un matin ils se sont tout bonnement séparés. Ça ne se passe pas comme ça! Dans la plupart des cas, les deux parties s'éloignent graduellement, n'évoluent pas de la même façon ni dans la même direction. Ils n'ont plus les mêmes besoins et en viennent à un constat. Pas un constat d'échec mais une évidence qu'il vaut mieux désormais emprunter différents chemins. 

La vie est fait d'étapes. On traverse certaines étapes avec différentes personnes. Chacun est là pour une raison. Il ne faut rien renier. Il faut toujours demeurer dans la gratitude et le respect de ce que l'autre nous a apporté. Ça fait peut-être cliché mais on grandit et on apprend beaucoup au cours des décennies qu'on a traversées.

Ensuite, il arrive qu'on fait des choix pour soi et on doit les assumer. Chaque décision que j'ai prise a eu des conséquences et je dois vivre avec.  Mais ces décisions ont aussi tracé la voie à d'autres aventures et surprises. Quand on ose, on repousse nos peurs. On gagne en confiance et de belles choses nous arrivent.

On se doit d'être vrai envers soi-même et intègre. Être heureux, être sur son X est primordial. J'aime cette expression ÊTRE SUR SON X  même si j'étais bien aussi sur toutes les autres lettres de l'alphabet. Ma période Mère pendant que j'ai élevé mes enfants a été une période de grands bonheurs, une période où tout était axé sur la famille. Il y a eu ma longue période Salon où je me suis accomplie dans le travail et que j'ai fait des rencontres enrichissantes. Je savais tirer le meilleur de chaque étape lorsque j'étais sur mon M, sur mon S, sur mon F ou sur mon Cul! lol 

Au fond, on a qu'une vie à vivre et on le réalise souvent lorsqu'il en reste moins en avant qu'en arrière. Le temps devient plus précieux. Le bonheur, une priorité! Mon fils m'a fait un beau compliment dernièrement. Alors que je lui disais que selon moi la plus belle période dans la vie est la quarantaine, il m'a dit : "Ta plus belle période à toi c'est maintenant car tu as l'air vraiment heureuse!"  Quelle sagesse!

Alors même si j'ai 52 ans, vieillir ne me fait plus peur. Il y a des gens qui réalisent de grandes choses dans la soixantaine et même plus tard. Il faut rester jeune de coeur, curieux, allumé, créatif et surtout ne jamais arrêter d'aimer la vie! Un jour j'aurai le bonheur d'avoir des petits-enfants. Peut-être qu'un jour je publierai un roman. Je visiterai différents continents et je découvrirai de nouvelles choses. Tant à venir encore dans ma période X, Y, Z...

mardi 12 novembre 2019






               PRÊTE POUR L'HIVER



Il y a environ un mois, mon chum et moi, on est dans un Canadian Tire  (pour ne pas le nommer) et je lui dis que je veux m'acheter une pelle parce que l'hiver s'en vient et qu'il m'en faut une dans ma valise d'auto au cas où je resterais prise dans un banc de neige. Mais à ce moment-là le stock d'hiver n'est pas encore sorti sur le plancher (les sapins de Noel oui mais pas les pelles) Ensuite je n'y ai plus repensé...jusqu'à ce matin...

Avec cette bonne bordée de neige, la première de la saison, je me suis dit que je devrais vraiment m'en acheter une. En revenant du travail, qu'est-ce que j'vois pas sur le bord de la porte d'entrée... une pelle!

Mon chum est si attentionné. Lorsque je formule une intention, ça ne rentre pas dans l'oreille d'un sourd. Il est si attentif à mes besoins. Tout est naturel pour lui. Me faire couler un bain, me faire à souper, me préparer mon drink préféré et j'en passe...

Cette fois-ci recevoir une pelle m'a fait autant plaisir sinon plus que recevoir des fleurs ou un bijou. Heureusement cette pelle-là éclipsera maintenant le souvenir plutôt négatif que j'avais associé à cet objet utilitaire. Lorsque j'avais 3 ou 4 ans, j'ai reçu un coup de pelle sur la tête. Un petit garçon d'à peu près le même âge voulait attirer mon attention. Le seul souvenir qu'il m'a laissé est une cicatrice sur le cuir chevelu!

En tout cas, tout ça pour vous dire que mon chum est toujours aussi charmant.  Il pense à moi, à mes besoins et me fait souvent des petites surprises. Je lui dis que mon sac de gym est trop petit et le lendemain il m'en achète un plus gros. Je cherche un produit naturel pour contrer les chaleurs de ménopause, il le commande sur internet. Il est vraiment rapide sur la "gachette".

J'apprécie vraiment toutes ses "Marc" d'attention ( et d'affection).
Il est généreux, serviable et vraiment à mon écoute. Il a compris le principe qu'une femme heureuse rend son homme heureux et que cela contribue à un couple heureux! Il sait qu'il a tout à gagner et j'espère lui rendre tout aussi bien!

dimanche 20 octobre 2019


                           MARCHER DANS SES PAS


Je trouve très difficile de voir mon père devenir autre chose que l'homme qu'il a été la majeure partie de sa vie. Mon père était un homme érudit qui s'intéressait à tout et surtout qui avait une opinion sur les grands enjeux de notre société. On pouvait parler ensemble autant de politique, de culture que de sports. 

Il avait un talent indéniable pour l'écriture. Sa plume était poétique et recherchée. Il a publié un récit familial fort intéressant en 1998 relatant l'histoire de sa famille parmi les premiers pionniers dans l'Abitibi du début du siècle dernier. Son récit se lisait comme un roman. Son style nous mettait de belles images en tête. Son livre, 
" Où murmure une brise" fut apprécié et encensé dans son environnement immédiat, familial et amical.

À cause de la maladie d'Alzheimer il ne se souvient plus d'avoir écrit ce livre. Il vit dans le moment présent. Ses seules préoccupations sont de manger, dormir, se vêtir, se faire la barbe et aller marcher dehors une fois de temps en temps. À part ça, il ne se pose plus de questions. Il ne regarde pratiquement plus la télé, ne lit plus. Quelques échanges avec ses amis qui souffrent aussi de problèmes cognitifs remplissent ses journées. Et oui, c'est souvent drôle de les voir communiquer entre eux, interagir et réagir comme si les autres étaient bizarres mais pas eux. Il y en a une qui se met plusieurs couches de vêtements un par dessus l'autre, une autre parle une langue incompréhensible, une entre dans les chambres des autres sans cogner, une fait des crises, une essaie de séduire tous les hommes, un croit que je suis sa fille, un se méfie de tout le monde parce qu'il croit toujours être victime de vol!

Heureusement, mon père est en forme physiquement et n'a aucune autre maladie ni maux. Il a encore une belle joie de vivre, une bonne humeur. La seule chose qui le rend agressif à l'occasion est l'aide pour son hygiène personnel. Son orgueil en prend un coup!

Je m'ennuie de nos conversations qui sont maintenant très limitées. Je ne peux plus me confier à lui. Je ne peux plus tester son humour comme avant. Je dois user d'une grande patience et d'une compréhension à toute épreuve lorsqu'il me répète la même chose cent fois ou qu'il m'appelle au téléphone six fois de suite pour la même demande. Il oublie mon prénom. Bientôt ce sera mon visage...peut-être ne me reconnaitra-t-il plus mais moi je saurai toujours quel père extraordinaire il a été.

Il m'a tant donné, a démontré tant d'amour à moi et à mes soeurs que nous lui rendons tout naturellement ce qu'il mérite comme soins et attention. Il a été un mari exceptionnel, un aidant naturel hors du commun pour notre mère. Tout ce que je veux c'est lui rendre hommage et faire en sorte que l'homme si intelligent qu'il a été, l'homme si sensible et créatif demeure dans nos souvenirs et dans l'esprit collectif. Même s'il est très diminué et qu'il se comporte souvent comme un enfant, se dégage encore de sa personne une grande bonté et un grand coeur!

Je ne suis pas la seule confrontée à cette terrible maladie. Bien trop de gens perdent leur essence, leur intelligence, leur subtilités et leur dignité face à l'Alzheimer ou toute forme de démence. Je vois des enfants de parents atteints qui manquent énormément de psychologie, de jugement et de patience. C'est tellement triste et déplorable. Si vous croisez des gens atteints de problèmes cognitifs, soyez indulgents et patients. Surtout ne leur parlez pas en bébé, ne les traitez pas comme des enfants même s'ils ont des comportements enfantins. Ils sont bien plus conscients de leur état qu'on peut penser, ils ont horreur de se faire infantiliser. Ce sont des gens qui étaient pour la plupart intelligents et sensibles, ils ont eu un vécu riche et impressionnant. Ils méritent un grand respect!


samedi 7 septembre 2019


                    LA MAGIE VÉNITIENNE


Investir dans les voyages est loin d'être un gaspillage d'argent. On investie dans les expériences, les souvenirs et les découvertes! Il arrive même qu'un souvenir refasse surface "out of nowhere", qu'il "pup up" dans notre esprit au moment où on ne s'y attend le moins tant les images retenues sont fortes et bien conservées dans notre tiroir à souvenirs.

En 2015, par un beau soir de septembre à Venise, j'ai vu quelque chose qui m'a marqué. Nous marchions vers notre hôtel comme il est si agréable de le faire à Venise au bord des canals dans cette ville mythique. Il faisait très noir et la soirée était paisible. Santa Croce ( le quartier Sainte-Croix) en plein coeur de Venise est quand même un quartier tranquille et sécuritaire.  La température était clémente et simplement me retrouver là était magique en soi.

Cette ville ne ressemble à aucune autre ville. À elle seule, elle incarne le romantisme à l'état pur.  Un cours d'eau, une gondole, une petite terrasse invitante au bord d'un canal, cette musique Italienne qu'on entend sortir de nul part au tournant d'un coin de rue. Ses bâtisses sur pilotis usées par le vent salin. Cette toile de fond qui nous fait vivre carrément dans une carte postale. Dans un monde à l"extérieur du monde. Dans un moment capté hors du temps. À une époque déconnectée de l'aire que l'on connait. Un lieu unique!

Alors que nous marchions, nous avons aperçu un couple âgé qui se déplaçait sur l'eau dans une chaloupe ( ils avaient à peu près 75 ans)
Lui, était debout derrière, grand et mince, droit comme un cyprès. Il ramait doucement. Elle, assise à l'avant de la chaloupe, vêtue d'une robe de lin, arborant un chignon qui retenait sa longue chevelure parsemée de blanc, le guidait. Elle guidait son époux à l'aide d'une lampe de poche. L'image était forte. Le moment magique!

Un vieux couple qui se complète. Un couple qui s'épaule, qui rame dans la même direction dans un silence qui parlait beaucoup. Tous les clichés me sont venus en tête! Lol. Je pouvais facilement imaginer une histoire romanesque autour d'eux. "Leurs enfants sont partis loin de Venise. Eux, ne peuvent concevoir quitter cette ville où ils sont tombés amoureux après la guerre. Il était charpentier, elle, serveuse au Harry's bar à Venise. C'est elle qui a inventé le fameux cocktail Bellini après avoir reçu des pêches fraiches de sa soeur venue de France." ( bon! Je reviens à la réalité!)

Ils étaient beaux et sans démonstrations d'affection, sans même se regarder ni parler, ils représentaient l'amour tout simplement et c'était très inspirant! Lorsqu'on dit que les actions parlent. J'avais l'impression qu'une illustration d'un livre de contes nous apparaissait "live". C'est ça que l'Europe offre de si beau. Son histoire, son passé, la richesse des époques omniprésentes font en sorte que lorsque l'on foule son sol, on est happé par la simplicité d'un moment. Ce qui est rare dans notre vie effrénée. 

Alors quand je suis nostalgique de l'Italie et avant d'y retourner, je vais m'acheter une bonne bouteille de Prosceco, de la purée de pêches, je sors le Peach Schnapps et je me fais un bon cocktail Bellini. Je trinque à ma santé et à la vôtre!

dimanche 4 août 2019




          LE POUVOIR DE LA VISUALISATION



Si je publie ce billet aujourd'hui c'est signe que mon exercice de visualisation a fonctionné. J'ai écrit ce texte le 10 juin 2019. Le 31 juillet, on m'a offert un poste permanent à TVA. ( c'est la bonne nouvelle TVA)

Récapitulons...j'ai 32 ans de métier dans la coiffure. (35 si je compte mes années comme assistante) J'ai toujours travaillé fort, premièrement pour me bâtir une clientèle ensuite pour la conserver. J'ai toujours mis beaucoup d'efforts afin d'offrir un service de qualité. 

Depuis 2010, je jongle avec plusieurs emplois. Mon travail au salon 3 jours par semaine ainsi que 2 à 3 jours en télévision comme pigiste à TVA et à RC. Au travers de tout ça, je coiffe pour des mariages et je fais un peu de remplacement pour des productions privées. Un peu essoufflée la madame!

Des horaires atypiques, variables, pas toujours stables. Mais je compose assez bien avec tout ça!  Je suis en santé et j'ai beaucoup d'énergie. Sauf que je ne rajeunis pas et je me demande souvent si je pourrai tenir le rythme jusqu'à 60 ans...

Travailler avec le public est de plus en plus exigeant. Satisfaire la clientèle, pas toujours facile. Et travailler de longues heures debout de plus en plus dure physiquement. Voilà pourquoi travailler 40 heures en télévision sera pratiquement du temps partiel pour moi.
Offrir un service de qualité pour coiffer ( uniquement coiffer) me ramène à mon rôle premier de "coiffeuse".

C'est peut-être un travail un peu moins stimulant côté créativité mais très intéressant côté relations interpersonnelles. On fait toutes sortes de rencontres avec des artistes, des journalistes, des gens du milieu politique ou sportif. On est au coeur de l'actualité!

Je suis rendue là dans ma carrière et dans mon cheminement de vie. C'est une suite logique des choses depuis les gros changements qui se sont amorcés dans ma vie en 2017. Je suis très heureuse de franchir cette étape et déterminée à y voir que les bons côtés. Comme dans tout, il y a toujours des avantages et des inconvénients mais je veux focusser sur les points positifs qui sont considérables.

Je ne renie rien de mon passé. J'ai adoré travailler en salon. J'y ai fait des rencontres incroyables! J'avais une clientèle exceptionnelle. J'ai été choyée de côtoyer des gens de coeur et plusieurs personnes vont me manquer terriblement. J'avais une patronne en or qui a été très généreuse et qui m'a toujours laissé beaucoup de liberté. J'ai commencé à travailler pour elle à l'âge de 20 ans, elle en avait 25. C'est une amie, une complice. On a traversé ensemble des chapitres importants de nos vies. Des grossesses, des deuils, des séparations...

J'avais des collègues incroyables également. Ce n'est pas facile de tirer un trait sur ce pan de ma vie. Mais la vie est en perpétuel mouvement, tout change et il faut savoir sauter dans le train lorsqu'il passe. Cet emploi m'offre plus de stabilité et de sécurité dans un environnement que je connais déjà et qui me passionne. Travailler en coulisse, sur les plateaux de tournage, derrière les caméras m'a toujours intéressé. C'est un travail taillé sur mesure pour moi et une opportunité que je me devais de saisir.

Devenir coiffeur permanent à TVA est un privilège! Certains de mes collègues n'ont pas envie de ça. Ils préfèrent garder leur liberté et travailler aussi sur des productions privées. C'est un choix personnel. On est tous différents tant vis à vis nos attentes que nos ambitions. Pour ma part, je suis très heureuse de cette opportunité qui s'offre à moi. Mon défi sera de demeurer toujours aussi positive et souriante, professionnelle et pas blasée. J'entame avec fierté la dernière portion de ma vie professionnelle.

Pour obtenir quelque chose, il faut le voir clairement dans son esprit et il faut se voir dans ce contexte. Pas seulement en s'y projetant mais l'encrer dans l'instant présent. J'ai écrit ce texte au présent le 10 juin pourtant la confirmation n'est venue que le 31 juillet...la visualisation, ça marche!

Pour terminer, je tiens à remercier chaque client(e) qui a croisé mon chemin, qui m'a permis d'exercer mon métier dans le plaisir!


dimanche 7 juillet 2019

            TÊTE DE LINOTTE PRÉMÉNOPAUSÉE



Tout le monde me le disait, on m'avait pourtant averti...dans la cinquantaine, notre cerveau fait des bulles! On ne se concentre plus de la même façon. On cherche nos mots, on cherche ce qu'on voulait dire, on cherche le nom de quelqu'un, le titre d'un film. Heureusement, il y a Google pour nous aider!

Moi, qui était la référence pour connaitre le nom d'un artiste, d'une chanson, d'un film.  Me voilà, moi aussi dans la même situation. Un blanc! Un gros blanc dans la tête!

Ça m'arrive de plus en plus souvent. Mais s'il n'y avait que ça...je fais des gaffes et de bêtes oublis qui me mettent dans de fâcheuses situations. Perdre ses clés, son cellulaire ou son porte-feuille c'est pire que d'oublier d'acheter du lait. Il y a des oublis sans conséquence et ceux qui nous mettent " dans l'trouble"!

Je vais vous raconter une gaffe que j'ai fait dernièrement sans conséquence, juste drôle. Puis un oubli qui m'a retardé dans mon planning de la journée et qui m'a surtout créé du stress inutilement!

1- La gaffe

J'étais dans l'ascenseur pour aller chez moi. Je demeure au14e. Il y avait un message de collé à la hauteur des yeux et j'étais concentrée à le lire. Lorsque les portes se sont ouvertes, je croyais être arrivée au 14e. Je sors donc, me dirige vers la première porte à droite et je constate que la serrure est débarrée.  J'ouvre, je vois des gens et plusieurs boites empilées. Je ne me dis pas que je me suis trompée d'étage mais je me demande sérieusement qui sont tous ces gens chez moi!

Ils me regardent bizarrement. C'est alors que je jète un bref coup d'oeil sur la porte laissée entrouverte. 906  Moi, je demeure au1406! Oh! Mon dieu! Je me confonds en excuses. Une dame rit et m'explique qu'ils sont justement entrain d'aménager. Je leur souhaite la bienvenue! Et leur dis  : " N'oubliez pas de barrer votre porte, ici il y a des inconnues qui peuvent entrer à tous moments!"

2- L'oubli

J'avais (hier) un contrat privé pour un mariage. Je devais aller coiffer une mariée et ces quatre filles d'honneur dans un hôtel du Vieux-Montréal. Jusqu'au matin même, je me demandais encore si j'y allais en métro ou en auto. J'ai finalement décidé d'y aller en métro pour m'éviter du stress. Je pars donc stationner ma voiture au métro Montmorency. J'ai un sac à dos en guise de sacoche et ma valise avec tout mon matériel, séchoir, fers, brosses, peigne et produits. C'est un temps de canicule depuis une semaine. Il fait déjà très chaud. C'est un samedi matin. Il y a heureusement très peu de voitures dans le stationnement. J'ai une heure devant moi pour me rendre au métro Place d'armes. Tout est cool! Sauf la température, il fait déjà 26 degrés. Je rentre dans le métro. Je descend vers les rames. J'entre dans un wagon. Il est 8h am, il n'y a pas beaucoup de monde. C'est parfait!

Arrivée au métro Sauvé, j'allume! Ma valise! Je n'ai pas ma valise! Elle est restée dans ma valise d'auto! Quelle nouille je suis! Non! Pas ce matin! De tous les matins, je ne peux pas être en retard pour un mariage! Je sors en trombe. Je reprends le métro en sens inverse pour retourner à ma voiture. Lorsque je débarque à Montmorency, il est alors 8h20. Outch!  J'aurai 20 min de retard!  Tout en marchant, je me dis : " je reprends le métro ou l'auto?" Je marche rapidement, je cours, il fait chaud, je suis déjà en sueur.  J'ai peur de prendre la voiture et que ça prenne encore plus de temps. Je reprends donc le métro avec cette fois ma valise si précieuse. Il y a beaucoup plus de monde dans le métro à cette heure. C'est fou la différence! J'arrive à l'hôtel à 9h10. Pas si pire, je n'ai que 10 minutes de retard. Mais si vous aviez vu ma tête! J'avais la face rouge et en sueur, les cheveux tout défaits et aplatis. Mais ce n'était pas grave, c'est pas moi qui devait être belle cette journée-là!

La coiffeuse était une quinquagénaire un peu dans la lune mais une bonne coiffeuse d'expérience! La mariée était entre bonnes mains!

dimanche 30 juin 2019


                                  FUGUEURS


Depuis quelques décennies déjà, nous pouvons constater de graves lacunes quant à la sécurité des personnes les plus vulnérables de notre société, les enfants et les ainés.

Soucieuses du bien-être de notre père, atteint de la maladie d'Alzheimer, mes soeurs et moi avons décidé de le placer dans une résidence privée. Mais ce n'est pas parce que le coût est de 4 700$ par mois qu'il est plus en sécurité. ( pensez à Mme Duceppe!)

Cet hiver, un incident malencontreux est survenu à la résidence malgré des mesures de sécurité supposément efficaces.

Mon père et son amie Ghislaine (sa partenaire de danse) ne font pas que danser, ils essaient aussi de fuguer! Tous les jours, ils essaient de sortir dehors. Ils aimeraient être libres d'aller marcher où bon leur semble. Mais l'hiver c'est plus difficile. Il y a de la glace sur les trottoirs et peu d'employés pour les sortir. Ils se frappent donc souvent le nez sur les portes de l'ascenseur. Ils ne peuvent point l'utiliser car ça prend un code. Ils sont confinés à rester sur l'étage à moins de sortir avec un membre de la famille. 

Les pauvres! Ils ont enfilé leurs bottes, mis leur manteau et ils reviennent chaque fois bredouilles à leur chambre. Ghislaine est une fugueuse en puissance. Pour sa sécurité, la résidence lui a installé un bracelet anti-fugue à la cheville.

Ce jour-là, mon père et Ghislaine ont réussi à se faufiler dans l'ascenseur avec un visiteur qui n'a point soupçonné qu'il s'agissait de deux résidents ayant des problèmes cognitifs. Il faut dire que ce n'est pas écrit sur leur front et que tous deux paraissent bien. Lorsqu'ils sont bien mis et puisqu'ils ne font pas leur âge, ils ont l'air de gens en visite. Lorsqu'ils sont arrivés au rez-de-chaussé, une nouvelle réceptionniste était en poste. Elle ne connaissait pas mon père, elle a donc cru qu'il était un ami ou de la parenté qui amenait Ghislaine prendre une marche. Ils sont ratoureux et débrouillards ces deux-là. Ils sont donc sortis.  Ghislaine voulait aller chez son père. Imaginez, elle a 87 ans! Mon père n'était pas habillé adéquatement pour une température extérieure de -20. Il avait mis son manteau de printemps et n'avait pas de gants. Ils ont marché vers l'ouest, vers l'autoroute sur une distance d'environ 1 km.

Heureusement ce jour-là, ma soeur France était sur la route pour rendre visite à notre père. Habituellement, elle passe par la 117 mais ce matin-là (peut-être guidée par notre mère...) elle a décidé de prendre la 15. En sortant de l'autoroute, elle emprunta une rue où elle a aussitôt aperçu mon père et son amie sur le trottoir. Tous deux étaient gelés et inquiets. Ni l'un ni l'autre n'aurait pu expliquer ce qu'il faisait là ou dire à quel endroit il habite. Être perdus les rend anxieux et vulnérables.

Ce jour-là, mon père et son amie ont eu 2 bonnes étoiles. L'une s'appelait France et l'autre Mado. Si ce n'avait été d'elles, mon père aurait peut-être fait la une des journaux. Depuis cet évènement, la sécurité a été resserrée à la résidence. Il ne faut pas attendre qu'un incident fâcheux survienne avant d'agir. Il faut prévenir les coups et user de bons jugements. 

Il y a 2 ans, mon père a été intercepté sur la voie de service de l'autoroute en vélo. Décidément, il a une fixation sur l'autoroute et sur la fuite...devrons-nous lui faire implanter une micro puce de repérage???

À suivre...

dimanche 2 juin 2019

               L'ÉCOLE DE LA VIE

Bien que j'aimais beaucoup l'école (la preuve, mes amies et moi, on jouait à l'école pendant les jours de congé) je ne me suis pas éternisée sur ses bancs. Je n'ai ni maîtrise, ni baccalauréat mais des années et des années (une trentaine) derrière une chaise avec des humains entre les mains. Au bout de chaque fibre capillaire, il y a une personne unique avec du vécu. Le domaine de la coiffure est une école de la vie incroyable! J'y ai entendu tant d'histoires, tant de réalités différentes. J'y ai appris tant de choses sur les rapports humains.

À force de cotoyer des gens de tous les milieux, de recevoir autant de confidences, on devient un peu psychologue ( sans par contre pouvoir charger les mêmes honoraires!). On s'improvise "influenceur", "conseillère" et même "guide" auprès de notre clientèle.

La chaise d'un coiffeur est magique! Elle délie les langues, fait tomber les tabous et désinhibe quiconque y pose le postérieur. On m'a parlé d'infidélité, de changement de sexe, de symptômes bizarres, de MTS, de descente d'organes, de chicane de famille, de maladie mentale, de problèmes financiers, de panne de désir, de sortie de prison, de troubles alimentaires etc... Tous des sujets si difficiles à aborder habituellement. Et je vous jure que certains se sont vidés le coeur dès le lavage de tête, au lavabo!

Ce phénomène est peut-être attribuable au fait que se faire jouer dans les cheveux est très relaxant. Ça détend, ça apaise l'âme et diminue les tensions. Bien sûr, il y a une bonne part d'écoute.

On apprend de nos expériences de vie mais on apprend aussi beaucoup de celles des autres. Ha! Si jeunesse savait... on voudrait tellement éviter aux jeunes ( et surtout aux nôtres) les erreurs, les peines... Force est d'admettre que chacun doit apprendre au fil de ses propres expériences.

C'est peut-être le visionnement hier du film ROCKETMAN qui m'inspire autant aujourd'hui. Ce film sur la vie troublée d' Elton John m'a beaucoup touché. Et ça me fait m'épancher sur ma propre existence... Si on pouvait  retourner à 25 ans, avec notre bagage de vie, on ferait sûrement des choix différents ou du moins faire les choses de façon plus éclairée.

Pour ma part, la portion de ma vie auquelle j'ajouterais plus de lucidité serait la période pré-universitaire où la persévérance était de mise. Et la partie auquelle j'ajouterais de la couleur serait définitivement dans ma vie amoureuse. Elle était trop souvent teintée de blanc ou de noir. De concepts en oppositions. Où l'absence de nuances contribuait à faire périr l'amour à petit feu. Cette part de ma vie passait en second lieu. Par ordre de priorité, c'était toujours les enfants et le travail. Il faut savoir prioriser la vie de couple dans les moments stratégiques.

Aujourd'hui, dans ma vie amoureuse, j'ajoute de la douceur. Des mots, des gestes, des attentions tout en délicatesse comme une caresse sur l'âme. J'y ajoute de l'admiration commune. Un regard bienveillant sur soi et sur l'autre. Une fierté toute naturelle et importante à entretenir pour l'être aimé. J'y ajoute également une bonne dose de patience. Car l'impatience envenime l'atmosphère et blesse la sensibilité des gens. Elle laisse des marques indélébiles sur le coeur. À l'opposé, la patience est une preuve d'amour et de contrôle de soi. La patience ne peut exister qu'en ayant prit soin de tasser l'ego au fond d'un placard. Cet ego qui justement a avantage à dégonfler avec les années pour faire place à l'authenticité et à la simplicité.

Les relations harmonieuses sont tellement plus agréables au travail, en amitié, dans nos familles et dans notre vie de couple. Plus on vieillit et plus on a besoin de ça. On a le droit de choisir que les choses roulent rondement plutôt que carré. On a le droit de se mettre moins de pression sur les épaules. On a le droit de vivre plus simplement. On a le droit de dire "non" et de se respecter. Et de dire "oui" à une vie moins compliquée! 

À toi, Elton que j'ai découvert hier. Je te lève mon chapeau! Tu as su combattre tes démons malgré le manque d'amour flagrant dans ton enfance. Ton génie musical t'a sauvé!

mardi 21 mai 2019



                UNE HISTOIRE DE MATELAS

J'aurais pu attendre les hasards de la vie mais puisque j'avais déjà 1/2 siècle... il a bien fallu que je m'adapte aux nouvelles façons de trouver l'amour...

Marc et moi avons d'abord été en contact à cause ou grâce à un fameux site de rencontre. Je m'y suis inscrite pour 1 mois, juste pour tester la chose. Avec le recul, force est d'admettre que ce fut un 39$ bien investi!

Donc, on s'écrivait à l'occasion et Marc ne me mettait aucune pression pour que l'on se voit. J'en voyais un autre et je voulais voir comment ça évoluerait. Je n'avais pas envie d'en fréquenter plusieurs à la fois et d'être toute mêlée. Ce qui me faisait peur dans le fait de fréquenter plus d'un homme à la fois c'était de me tromper, genre " Tu sais l'autre fois quand on est venus ici..."
"Non! Je ne suis jamais venu ici!" Vraiment, les double et triple fréquentations, je n'étais pas à l'aise avec ça. J'ai mis de l'ordre dans mon tableau de chasse puis j'ai consulté mes soeurs. Je leur ai montré des photos de Marc (Marc 3) et leur ai parlé de lui, comme il paraissait zen et patient. Depuis 1 mois, il prenait de mes nouvelles régulièrement mais attendait tout simplement le bon moment pour me lancer une invitation.  ( il mettait peut-être de l'ordre lui aussi dans son organigramme) Il disait que la vie met les choses en place, qu'il ne fallait rien forcer. J'aimais son attitude et sa philosophie.

Donc, sous les recommandations de mes soeurs, j'ai proposé à la vie de mettre la table et j'ai invité Marc à diner. Nous nous sommes vus au RÉVEIL MATIN à Rosemère, un mardi midi.

Je l'ai trouvé très "en shape" et très bel homme pour ses 55 ans mais je l'ai aussi trouvé très sérieux. C'était la gêne ou sa face de police habituelle? Il était à la retraite de la SQ depuis 4 ans et il travaillait désormais à son compte comme photographe, principalement en immobilier. On peut sortir le gars de la police mais peut-on sortir la police du gars?

J'avais de forts préjugés face aux policiers. Je les trouvais souvent machos et peu cultivés. Mais c'était sans savoir que Marc entretenait des préjugés semblables envers les "coiffeuses" ( pour ne pas dire "quéfeuses"). Superficielles et peu cultivées!

Son côté artiste et homme rose a contrebalancé l'idée que je me faisais des officiers de l'ordre. À force de discuter, on a bien vu qu'on avait beaucoup de conversation, des intérêts communs et plus de culture qu'on aurait pu imaginer J'ai découvert qu'il avait fait beaucoup de travail sur lui-même au courant de sa vie et il mettait en pratique des principes qui me rejoignaient.

Après notre diner sur la terrasse, il m'a reconduit à ma voiture et il a fait 2 choses que je déteste et qui auraient pu carrément ruiner les chances que l'on se revoit. Il m'a prise dans ses bras, m'a fait tourner comme une toupie jusqu'à m'étourdir et lorsqu'il m'a déposée, il a mis sa langue dans mon oreille. J'ai horreur de ça! Ouach!  Mais lorsque j'ai pris place dans ma voiture, j'avais un gros sourire étampé dans le visage! Il avait voulu créer un impact et même si je jugeais que ça avait été un peu maladroit...je devais admettre qu'il avait réussi à semer quelque chose dans mon esprit.

Nos rencontres suivantes ont été intenses mais parsemées de mystère... Marc ne se montrait pas tel qu'il était vraiment. Son discours me rendait perplexe. Il disait: "Pourquoi tout le monde cherche à entrer dans le même moule? Pourquoi vivre en couple absolument?" 

Que devais-je penser? Recherchait-il une union libre et ouverte? Préférait-il demeurer célibataire? Et que faisait-il sur un site de rencontre s'il ne voulait pas être en couple? Je me questionnais et je le trouvais difficile à cerner...mais c'était sans savoir à ce moment-là qu'il avait eu de mauvaises expériences avec des femmes un peu trop désespérées et donc qu'il me testait.

Les 4, 5 premières rencontres, je me disais à chaque fois que c'était la dernière fois, que ça ne mènerait nul part. Mais une petite voix en moi me disait de creuser davantage, d'être patiente...et la fois suivante était toujours plus agréable que la précédente. J'ai réussi à saisir sa sensibilité, toucher à sa vulnérabilité. J'ai aperçu une petite entaille où j'ai pu m'immiscer. Ça me rappelle la belle citation de Leonard Cohen "there's a crack in everything, that's how the light gets in". (il y a une craque en tout, c'est comme ça que passe la lumière)

Une fois confortables l'un avec l'autre, nous nous sommes enfin montrés tels que nous étions et nous avons plongé!

On avait eu un parcours amoureux très différent mais finalement les mêmes désirs pour notre prochaine relation. Avec grande surprise et bonheur, nous avons découvert toutes les affinités que nous avions en commun.   Et j'ai su apprécier ses grands talents dans le rangement. J'ai compris ce que 26 ans comme officier de l'ORDRE voulait dire. Je ne peux plus me permettre d'être traineuse et j'adore finalement vivre dans un environnement épuré et toujours bien rangé. (plus d'enfants, ça change tout!)

Pendant l'été 2018, où nous nous sommes rencontrés, été de canicule, je n'ai dormi chez lui qu'une seule fois. Il avait un appartement sans air climatisé et un matelas mou qui, malgré le fait qu'il favorisait les rapprochements par le fait qu'il creusait au centre, était très inconfortable. Sur son profil du site de rencontre, il aurait pu écrire...

" Homme cherche femme avec air climatisé et matelas ferme"

C'est ce qu'il a trouvé chez moi! Ha! ha!

Nous nous sommes rapidement aperçus de nos goûts communs pour les escapades, les voyages, la cuisine, le sport et les séries télé.
Nous aimons beaucoup passer du temps ensemble mais nous avons aussi tous deux un côté solitaire avec nos intérêts personnels. La lecture et l'écriture pour moi. L'entrainement physique et la photo pour lui.

Sans le savoir, il m'a fait cocher oui à toutes les cases de ma longue liste d'exigences. Ça fait déjà 1 an qu'il est dans ma vie. Il l'a transformée et embellie. Il a tout pour me plaire. Alors après 1 an, voici mon constat...

On partage un matelas (confortable) où on s'aime, où on dort en cuillères, où on flâne le matin (parfois) et où on se parle de tout et de rien. On rit beaucoup ensemble. On a tous les deux un côté "bébé". On est jeunes de coeur. Ça me donne espoir en une vieillesse heureuse, à sauter sur un matelas!

lundi 6 mai 2019


                LE JOUR DE LA MARMOTTE




Enfin le printemps est arrivé. Les visites à mon père sont moins ennuyantes, on peut aller marcher ou se balancer dans la cour intérieure. Les gens sont de meilleure humeur.

Sur son étage, tous les résidents souffrent de problèmes cognitifs. Les quiproquos et les situations cocasses sont monnaie courante! Mon père, prenant tout à coup un air un peu triste, me partagea son chagrin...Il me dit que sa bonne amie Ghislaine à côté de laquelle il mange à chaque repas n'était pas là ce midi. D'après lui, elle était partie pour ne plus jamais revenir. Je le rassurai.

" Papa, comme à chaque dimanche, elle est partie chez sa fille pour la journée. Tu la verras demain."

Il me regarda, pas très certain..." Tu crois?"

Nous sommes entrés dans la grande salle communautaire où on faisait jouer de la belle musique. Mon père et moi avons pris place à côté de deux dames charmantes. Janine et Andrée. La semaine d'avant,  j'avais été témoin d'une altercation entre Janine et une préposée. Janine était en crise et s'était montrée très agressive envers la pauvre préposée. Elle l'avait insultée, l'avait traitée de tous les noms. Elle avait péter sa coche solide! Aujourd'hui, Janine semblait de bien meilleur poil. Je me suis présentée aux deux dames et une discussion s'est amorcée.

Janine me raconta qu'elle n'avait eu aucun enfant. Elle aurait pourtant aimé en avoir comme sa propre mère qui en avait eu 7. 
5 garçons et 2 filles. Janine était l'ainée. Andrée, elle, me raconta qu'elle avait eu 3 enfants. 3 garçons. Et qu'elle était grand-mère de 3 petites-filles. Je demandai à Andrée où elle avait vécu avec sa famille. Elle me répondit qu'elle avait vécu à St-François.

Décidément, mon père suivait plus notre conversation que je le croyais..."Nous, nous avons eu 3 filles!"

Janine enchaina rapidement. " Moi, ma mère a eu 7 enfants. 5 garçons et 2 filles. Je suis l'ainée. On vivait à Montréal-nord, tout près de l'école et de l'église. On était si heureux chez nous. On était 7 enfants. 5 gars et 2 filles! Mais moi, j'ai pas été capable d'en avoir. Pourtant ma mère en a eu 7!

Andrée renchérit. " Nous, on était 5 enfants. 3 filles et 2 gars. Moi, j'en ai eu 3. 3 garçons qui m'ont donné 3 petites-filles. Comme j'aimerais pouvoir les garder encore..."

Janine me raconta alors comme si c'était la première fois qu'elle aurait beaucoup aimé avoir des enfants. Sa mère en avait eu 7. 
5 gars et 2 filles. Elle était l'ainée. Ils vivaient à Montréal-nord près de l'école et de l'église. Elle et son mari n'avaient jamais réussi à avoir des enfants. Zéro, niet!

Andrée fut alors si fière de me dire qu'elle avait eu 3 garçons qui lui avaient donné 3 petites-filles. Chez eux, ils étaient 5 enfants. 3 filles et 2 gars. Qu'ils avaient vécu à St-François.

Janine me demanda si j'avais des enfants. "Oui, bien sûr! J'ai 2 grands enfants. Une fille de 27 ans et un garçon de 24 ans!"

Janine s'empressa alors de m'apprendre...

" Nous, on demeurait à Montréal-nord, près de l'école et de l'église. Juste à côté. Y'avait beaucoup d'action chez nous car on était 7 enfants. 5 gars et 2 filles! Ma mère en a eu 7 et moi, zéro. J'aurais tellement aimé en avoir, mais ça jamais marché. Je suis allée à l'hôpital, ils m'ont fait passer tous les tests mais n'ont pas pu me dire pourquoi je ne réussissais pas à en avoir. Pourtant ma mère en a eu 7!"

Je me tournai vers mon père, me retenant pour ne pas rire. Il  semblait beaucoup apprécier la musique, une certaine nostalgie se lisait sur son visage. Il affichait un air mélancolique.

" À quoi tu penses papa? Tu sembles préoccupé"

" Je pense à mon amie Ghislaine. Elle est partie, elle n'était pas là ce midi. Je ne crois pas qu'elle reviendra."

" Bien sûr papa, elle est sûrement chez sa fille pour la journée. Tu la verras demain."

" Pas sûr..."

Janine, qui désirait attirer à nouveau mon attention m'informa qu'elle, elle aurait tellement aimé avoir des enfants. Ils étaient chanceux ceux qui recevaient la visite des leurs.

" J'ai jamais été capable d'en avoir. Pourtant ma mère en a eu 7. 
5 garçons et 2 filles. J'étais l'ainée. On demeurait à Montréal-nord , juste à côté de l'école et de l'église."

" Bon! Je pense qu'on va aller faire un tour nous autres, en papa!"


lundi 8 avril 2019



           ET VOUS, QUELS SONT VOS RÊVES?

Je peux dire que je suis heureuse, vraiment heureuse! Toutes les planètes sont alignées et je me sens exactement sur mon X. Je suis dans la gratitude, reconnaissante et je souhaite que tout continue à aller aussi bien très longtemps.

Mes enfants sont sur leurs lancées et je demeure toujours là pour eux. Mon père s'adapte assez bien dans la résidence où il est placé. Il y a bien sûr beaucoup de tristesse et de lâcher prise face à cette situation mais c'est la vie et il faut l'accepter.

J'ai rencontré l'homme qui me comble de bonheur et que j'aime aimer. À ce sujet, j'entends souvent des femmes dire: "j'aurais aimé
le rencontrer avant." Moi, je ne dis pas ça. Je suis persuadée que nous nous sommes rencontrés au moment où nous devions nous rencontrer. La situation était parfaite et idéale!

Je ne renie rien de ma vie d'avant. Je referais tout de la même manière. Je suis fière d'avoir élevé mes enfants dans un foyer stable sans leur avoir imposés mille et une contraintes. J'ai travaillé fort et je me suis beaucoup investie dans ma vie de couple et de famille.
Un jour est arrivée une évidence et j'étais prête à sauter dans le vide. Je me suis créée une nouvelle vie à mon image et je suis vraiment privilégiée que mes enfants aient respectés mes choix.

Prochaine étape, m'investir dans un projet d'écriture. Je m'y prépare en suivant des ateliers. Lire différents styles, de différents auteurs. Faire des exercices littéraires pour libérer ma créativité. Développer mes idées. Accueillir l'inspiration. Enrichir mon vocabulaire. Améliorer ma syntaxe...

Un facteur qui me manque est le temps! C'est ma plus grande difficulté. Dans notre monde de fou, il y a pénurie de temps. Pas assez d'heures dans une journée. Pas assez de jours dans une semaine. Pas assez de semaines dans une année.  Pourtant le temps est un précieux allié. Lorsqu'on a un objectif précis en tête, il faut tout mettre en oeuvre pour y arriver. Définir la conjoncture, se réserver du temps pour se consacrer à notre objectif et travailler dans ce sens! En faire une priorité. ( je travaille là-dessus)

La visualisation est un outil important que j'ai toujours pratiquée avant même d'entendre parler de ce concept.  Je crois que c'était inné chez moi. Me voir dans un contexte X.  M'imaginer au coeur de la réussite. Ressentir les émotions encourues. Mais surtout y croire et repousser toute pensée négative.

Si mon objectif était d'exceller dans une discipline olympique, il serait un peu tard pour le réaliser mais puisque le mien est d'écrire un roman, il n'y a aucune limite de temps pour y accéder.

Et vous, quels sont les rêves qui sont encore en haut de votre liste et que vous avez hâte de cocher?

lundi 11 mars 2019

       

               

                      MÉDITATION 101

J'ai toujours cru que je n'étais pas capable de méditer car je suis une hyper active de l'esprit. Oui, je suis capable de relaxer une heure dans mon bain ou flâner au lit à l'occasion mais méditer sérieusement demande de libérer son esprit de toute pensée. Et ça, ça semble difficile pour moi! J'ai toujours mille et une idées en tête, un fourmillement de questions et de réflexions qui m'amenaient à croire que jamais je ne serais disposée à arrêter quelques minutes pour faire le vide. Mais j'ai compris que la méditation est un exercice qui se pratique petit à petit et qui se maîtrise avec le temps.

Dernièrement, lors d'un atelier d'écriture, j'ai fait l'exercice en groupe. À quatre reprises pendant 5 minutes j'ai tenté l'expérience. Respirer profondément de la bonne façon est la base d'une santé optimale pourtant dans notre vie effrénée de tous les jours nous survivons à peine en inspirant de petits coups d'air limités au fond de la gorge et en expirant si rapidement que notre thorax demeure toujours contracté, gorgé de stress.

En méditation, on apprend à inspirer jusque dans le bas du ventre, à retenir cette respiration quelques secondes puis à expirer jusqu'à vider nos poumons complètement. Par la même occasion, on se vide l'esprit, on libère nos pensées, on se crée un petit espace calme et serein dans ce cerveau toujours tant sollicité. Bien sûr au début, il faut chasser les idées qui nous envahissent l'esprit. Cela n'est pas évident mais ça s'apprend.

J'ai fait cet exercice pour laisser monter l'inspiration et les idées créatives. Mon défi est d'arriver à méditer 10 puis 15 min. Un jour, même 20 et 30 minutes pour les bienfaits que cela procure au corps et à l'esprit. Lors de ces premières séances de méditation, j'ai adoré l'image mentale qui m'est apparue.  En voici la description sommaire...

J'étais dans une grotte sombre et étroite. L'espace était restreint. Je m'y sentais très à l'étroit, recluse. La lumière était presqu'inexistante. J'arrivais à peine à distinguer les parois de la grotte au-dessus de ma tête. Puis mon regard s'est dirigé vers l'ouverture de la grotte là où je percevais un trait de lumière. Plus je m'avançais et plus cette lumière m'éblouissait. Au sol, je distinguais du sable fin et blanc.  Avec une vision élargie, je découvrais une plage sur laquelle je pourrais marcher pendant des km. Le bleu de la mer qui se mélangeait au bleu du ciel était invitant. Il incarnait le bien-être et la liberté. Le paysage était à la fois époustouflant et apaisant. Mon regard était attiré plus loin, vers l'horizon, là où je percevais l'espoir en l'avenir. Je laissais derrière le confort de la grotte. Mes vieilles pantoufles. Le connu. Le déjà-vu. Mon ancienne vie. L'espace qui me restreignait dans mes mouvements, dans mes pensées, dans mes actions et mes motivations. Je me lançais vers une nouvelle vie où je pouvais vraiment être moi-même. Me laisser surprendre. Accueillir le nouveau. Saisir de nouvelles opportunités. Être plus créative et mieux connectée à mon essence.

Chaque fois où j'aurai besoin de me recentrer, de relaxer, de me connecter à la paix intérieur, je rechercherai cette image douce et apaisante de l'océan et de son immensité.

mercredi 27 février 2019




                  N POUR NEVER AGAIN



Lorsque j'ai lu les deux livres d'Ingrid Falaise, Le monstre et Le monstre, la suite, j'ai fait un parallèle avec ce que j'avais vécu pendant deux ans, de l'âge de 17 à 19 ans. À plus petite échelle, j'ai vécu de la violence psychologique, du harcèlement et de la cruauté mentale avec un de mes premier petit ami.


Cette relation malsaine se dirigeait droit vers de la violence physique. De la violence dont j'aurais été victime si ce n'avait été de mon instinct, de ma petite voix qui me disait de prendre mes jambes à mon cou et de fuir!

Même quand on en est qu'à nos premières expériences amoureuses, on le sait que ce n'est pas normal de ressentir de la peur et de l'inconfort lorsqu'il est question d'amour. Si on ressent plus de stress que de bien-être, c'est peut-être qu'on a affaire à du contrôle plutôt qu'à de l'amour.

Avec la sortie de la série LE MONSTRE, la promotion dans les médias avec l'auteur et les comédiens, j'ai écouté certaines entrevues et ces souvenirs lointains mais toujours pénibles sont remontés à la surface. J'ai d'ailleurs travaillé sur la série Le monstre pour un remplacement d'une journée. J'ai déjà rencontré Ingrid Falaise qui est si lumineuse et résiliante aujourd'hui.

Ces histoires de manipulateurs et d'hommes qui exercent leur contrôle sur des filles vulnérables me touchent et me font réaliser que tous ces minables opèrent de la même façon. Ils ont tous le même "modus operandi". Prenons l'exemple d'un type de ce genre... Il attire une fille qui est belle mais qui manque de confiance en elle. Il détruit petit à petit, de façon insidieuse, son estime d'elle-même pour mieux la contrôler. Il la rabaisse pour mieux se remonter, lui.

Je n'ai pas beaucoup parlé de ma petite histoire. De cet épisode de ma vie dont je ne suis pas très fière. On se demande toujours pourquoi on a laissé quelqu'un nous manipuler de la sorte. Ce garçon était d'abord fier d'avoir rencontré une jolie fille. Les premiers 6 mois furent merveilleux. Il me portait sur un piédestal. Me complimentait, m'offrait de beaux cadeaux. Mais petit à petit, il manipulait mes pensées.. " On est bien mieux que les autres". 
Mais puisqu'il manquait de confiance en lui et que sa maturité émotionnelle était fragile, il avait peur de me perdre aux mains d'un autre. Il me demandait de ne plus me maquiller et de m'habiller sobrement prétextant que j'étais plus belle au naturel. Mais au fond il ne voulait pas que j'attire les regards des autres garçons. Lorsqu'au cégep je saluais un garçon qui était dans un de mes cours, il me faisait une crise de jalousie. " As-tu couché avec?"
Il m'isolait de ma famille, de mes amis disant que les autres avaient une mauvaise influence sur moi.Il était même jaloux de mon neveu de 5 ans que je gardais régulièrement. Lors du mariage de ma soeur France, il m'avait isolé des invités, je ne me suis pas vraiment mêlée aux autres et je n'ai pas dansé. Ma famille ne me reconnaissait plus. J'étais toujours sur mes gardes, marchant sur des oeufs. Je ne tentais que d'éviter ses crises. J'omettais de lui dire certaines choses pour éviter qu'il pète les plombs.

Ces hommes jaloux, possessifs et manipulateurs suivent tous le même pattern, c'est fou! Dans chaque histoire de violence conjugale, on observe des agissements similaires. Après chaque crise, ils s'excusent, témoignent de leur amour et jurent que cela ne se reproduira plus jamais. Mais les incidents se répètent et reviennent à une fréquence de plus en plus rapprochée. Après un an ou deux, cela devient infernal.

Je me demandais toujours ce que j'avais fait de travers ou ce que j'aurais pu faire différemment. Ces hommes passent maîtres dans l'art de nous faire sentir coupable. Et ces hommes sont des bombes à retardement. Un jour le mien a pogné les nerfs pour une niaiserie. ( c'est souvent pour une niaiserie) Lorsque je suis sortie de la voiture, il m'a suivi sur le trottoir. Tout à coup, il m'a poussé violemment. Je suis venue près de tomber par terre. Une petite lumière s'est allumée dans mon esprit. " je ne vais quand même pas attendre qu'il me rentre dans le mur!"

Ma limite à moi était atteinte. J'avais encore assez d'estime de moi-même pour savoir que je méritais mieux. Je lui ai alors ordonné de me ramener chez moi. Ce qu'il a fait heureusement. Je n'ai rien dit. J'ai claqué la porte. C'était fini. J'avais l'impression d'avoir perdu deux ans de ma vie. Mais cette expérience m'a appris à me faire respecter et jamais plus je n'ai accepté qu'un autre homme me traite de la sorte.

Bien que cette histoire que j'ai vécue soit infime par rapport à celle d'Ingrid Falaise et de bien d'autres femmes, elle a jalonnée ma vie, m'a marqué au plus profond de mon être. Trop de femmes n'en parlent pas tellement elles ont honte.  Ceux qui devraient porter la honte se promènent trop souvent la tête haute se croyant à l'abri de tout. Brisons le silence!

mardi 12 février 2019


                 
             LA COULEUR DE L'AMOUR


Que de plus naturel que de parler d'amour cette semaine et surtout aujourd'hui, jour de la St-Valentin...( mais surtout n'attendez pas cette fête pour passer du temps de qualité avec l'être aimé!) C'est souvent le rouge qui représente l'amour. Le rouge, la couleur de la passion. Pour moi, c'est maintenant le violet!

Le violet c'est l'amour après 50 ans! L'amour à 52 ans est inversement proportionnel au chiffre réel qu'il représente. C'est comme si j'avais 25 ans mais un 25 avec beaucoup plus d'assurance, plus de confiance en moi, moins de complexes et surtout moins de doutes. Et cela est en grande partie grâce aux 52 marches que j'ai gravies au courant de ma vie!

On entend beaucoup depuis quelques temps, dire : "50 est le nouveau 40". Non! Je n'ai pas 40, ni 40 + 12. J'ai bien 52! J'ai travaillé fort pour ces 52 années-là! Chacune de ces années m'a apprise beaucoup, m'a forgée, a dévoilée la femme que je suis vraiment.

Voilà pourquoi maintenant je donne et je reçois. J'investis et je récolte. J'arrose et je regarde pousser. Je suis ébahie, en admiration mais pas du tout puérile. En pâmoison, en constante gratitude sans tomber dans la naïveté. Ni aveugle, ni sourde, les yeux grands ouverts, toute ouïe, l'épiderme sensible, les sens en plein éveil. J'apprécie et je savoure. J'accueille les bras grands ouverts. Et je ne dis plus que je suis chanceuse mais privilégiée.

Je suis plus consciente des petits détails qui importent, qui font la différence. À 52 ans, je vois la vie comme quelque chose de précieux, dont chaque seconde importe. J'essaie de ne pas perdre mon temps avec des préoccupations de moindre importance. Je deviens plus imperméable à ce que pensent les autres, les jugements, les commentaires désobligeants, je les repousse du revers de la main. Ma sensibilité par rapport aux sentiments de mes proches est par contre accrue. J'ai à coeur le bonheur et le bien-être de ceux que j'aime. Je ne suis pas dans une bulle, retirée du monde extérieur. L'amour que je cultive, j'essaie de le faire irradier autour de moi comme des ondes positives qu'on envoie pour faire du bien.

Je crois qu'à 52 ans, je me rapproche davantage de la petite fille que j'étais, joyeuse et affectueuse. Souvent les épreuves de la vie et les revers nous éloignent de notre véritable nature. On porte souvent un masque pour se protéger. Aujourd'hui, de nouveau en amour, je crois de plus en plus à la force des énergies conjointes. Lorsque ces énergies sont alimentées par l'amour et qu'elles sont dirigées dans la même direction avec une force et une essence commune, elles peuvent faire de petits miracles! Quand on a le support, la bienveillance et l'attention de l'être aimé, cela nous donne des ailes et la possibilité d'accomplir de grandes choses grâce aux talents et aux atouts que les fées ont prodigués sur nous à notre naissance. Il n'est jamais trop tard pour réaliser nos rêves. Il n'est jamais ridicule d'y croire. Et lorsqu'on est deux à y croire, la force est plus grande et plus puissante!

Je vous souhaite en cette semaine de la St-Valentin tout l'amour du monde et tout le bonheur que chacun de vous mérite. Et à mon amour, Marc, je souhaite de continuer de vieillir en zénitude et en sagesse. Tu es la personne la plus aimante que je connaisse. Toujours positif, de bons conseils et si attentionné envers moi. J'espère être toujours à la hauteur. En tout cas, je sais que je deviens à chaque jour une meilleure personne à ton contact. On s'en va dans la bonne direction! 

Je t'aime xoxo
Ton p'tit coeur violet

jeudi 24 janvier 2019

             ENTRE LE RÊVE ET LA RÉALITÉ



Mon père était un écrivain autodidacte, un homme qui s'intéressait beaucoup à l'actualité, à la politique, il aurait fait un excellent journaliste. C'était un artiste dans l'âme dans sa façon poétique de jouer avec les mots ou dans ses travaux manuels qui sortaient de l'ordinaire. Il était ingénieux et faisait de la récupération avec toutes sortes de petits objets anodins. Il gossait du bois, faisait des modèles réduits dans des bouteilles, confectionnait des crèches et personnages.

Je parle de lui au passé même s'il est encore vivant. Il a 86 ans et il est en très bonne santé physique. Il est droit, n'a mal nul part et ne prend aucun médicament mis à part une patch pour ralentir l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

Si je parle de lui au passé c'est que lui, tel qu'il était n'est plus là. La maladie a changé sa personnalité. Il ne lit plus et regarde très peu de télévision. Il n'a plus de conversation. Son monde a rapetissé. On a dû faire le deuil du père qu'on a connu, celui qui était un aidant naturel exemplaire pour ma mère, celui qui nous a transmis de grandes valeurs humaines...

Lui aussi doit faire des deuils. Il a d'abord perdu son permis de conduire. Puis 1 an plus tard, on a dû lui confisquer son vélo parce que la police l'avait intercepté (en vélo) sur la voie de service de l'autoroute. Il aimait énormément prendre des marches, aujourd'hui il est confiné au 3e étage d'une résidence pour personnes en perte d'autonomie. Il peut sortir seulement s'il est accompagné car il pourrait se perdre.

On a pas d'autres choix que d'accepter les ravages que fait cette terrible maladie. Petit à petit, jour après jour cet homme qui était si intelligent désapprend tout! C'est une maladie qui est très difficile pour les proches. Elle nous fait vivre du découragement, de la frustration et beaucoup de tristesse. La personne qui en est atteinte doit vivre beaucoup d'anxiété et d'insécurités. Doit se trouver très déboussolée pendant la période ou elle est encore consciente avant d'arriver à un point  d'insouciance bienfaisante.

Mais cette maladie donne aussi lieu à des moments cocasses. Parfois vaut mieux en rire!

Lorsque je changeais les draps du lit Queen de mon père pour les laver, il m'expliquait à chaque fois qu'il n'était pas nécessaire de laver le côté droit. Il me faisait à tout coup la démonstration de la façon qu'il se mettait au lit. Il pliait le couvre-lit en deux en rabattant un côté sur l'autre. Il voulait me montrer qu'il ne salissait qu'un côté. Je lui disait alors en riant : " ok, as-tu une paire de ciseaux? Veux-tu qu'on coupe les draps en deux?" Les gens atteints d'Alzheimer ont des idées fixes et obsessives. Ils oublient rapidement certaines choses mais compulsent sur d'autres. Ils gardent en mémoire les détails qu'on préfèrerait qu'ils oublient.

Un jour que je terminais de lui couper les cheveux, il proposa d'aller chercher la balayeuse rangée dans le placard. Il est revenu avec la planche à repasser. Il ne sait plus à quoi sert certains objets. Lui faire comprendre des choses ou lui en prouver une autre est peine perdue. Avec une personne avec de tels problèmes cognitifs, il faut user de patience et de bon jugement. Ça ne donne rien de leur prouver qu'on a raison ou qu'ils ont tord, ça ne fait que les bouleverser davantage. Vaut mieux dire comme eux à moins que leur sécurité soit en jeu.

Toute nouvelle directive ou explication est donnée vainement. C'est un peu décourageant et à l'encontre de nos pratiques régulières mais il faut garder en tête que ce n'est pas de la mauvaise volonté qui fait que la personne atteinte d'Alzheimer n'enregistre plus certaines informations ou en oublie rapidement d'autres mais que c'est la maladie qui détruit des fonctions cérébrales.

J'ai donné deux belles vestes à mon père à Noel. Il était content, il les aimait bien. Début janvier, aucune trace des deux vêtements. Disparues. Il les avait peut-être jetées ou données? Qui sait? C'est un peu décevant! Deux fois il a perdu son partiel. Allons-nous lui faire faire d'autres dents? On se pose la question... Tout change de place, tout disparait!

Il perd son jugement, sa logique, la notion du temps et développe des tocs. Mais il a toujours sa joie de vivre et se contente de peu. Il apprécie tout ce que l'on fait pour lui. Il est reconnaissant. Il faut respecter ses limites et ses besoins. Il n'est pas si malheureux, c'est à nous à s'adapter à sa nouvelle réalité.

Mais aller magasiner avec lui est drôle et épuisant à la fois. Une de mes soeurs et moi avons décidé d'aller lui dénicher au moins deux nouvelles paires de pantalons. (ses préférés avaient disparus). J'étais dans la cabine avec mon père pendant que Chantal allait vérifier les modèles et les grandeurs. Il en a essayé six paires. On en a retenu deux qui lui faisait très bien. Un noir et un gris. Chantal alla reporter les modèles qui ne faisaient pas. J'avais le gris sur le bras pendant qu'il enlevait le noir. tout à coup, il regarde le gris : 

" celui-là je peux l'essayer?" 

" tu l'as essayé papa, il te fait très bien!"

" je veux l'essayer encore, je ne me rappelle pas"

Il l'essaie, se regarde dans le miroir et constate qu'il est de la bonne longueur et qu'il lui fait bien au niveau des fesses. Puis, il me regarde, je tiens le pantalon noir sur mon bras.

"celui-là, je peux l'essayer?"

" tu viens juste de l'essayer papa, il te fait très bien aussi. On va prendre les deux!"

" je peux l'essayer, je ne me rappelle pas..."

Et ça recommence!

On a beau identifier ses vêtements, tout fini par disparaitre. Mais la semaine passée, on a découvert le pot aux roses...

Sa nouvelle copine, une résidente qui a aussi des problèmes cognitifs a des projets plein la tête et mon père étant très bonasse et naif embarque là-dedans comme cheval au vent. On a donc retrouvé certains de ses vêtements dans une valise dans la chambre de la dame.

Pour quelle raison exactement....mais oui...  Ils partent en voyage!

On est pas au bout de nos peines mais...ça a le mérite de nous divertir!

mardi 8 janvier 2019

10 CHOSES QUE MES 30 ANS DE MÉTIER EN COIFFURE M'ONT APPRISES

Après une trentaine d'années dans le domaine de la coiffure, j'adore encore autant mon métier et je me sens privilégiée. Alors aujourd’hui dans ce nouveau billet, je partage avec vous les 10 choses que mes 30 ans de métier m'ont apprises.

1- Se faire confiance

La confiance vient avec l’expérience. Plus on se fait confiance, plus on dégage de l'assurance et plus on développe sa créativité. Tout vient d"abord d'une bonne communication entre la coiffeuse et son (sa) client (te). Si on a pas gagné la confiance du ou de la cliente, on ne peut rien en retirer de bon.

2- Maîtriser son art

En coiffure il faut régulièrement suivre des formations, se mettre à jour. Les techniques évoluent et les produits changent constamment. Il faut savoir bien les utiliser afin de bien les maîtriser. Tout est une question de pratique. Il n'y a que ça d'important surtout au début, pratiquer, pratiquer, pratiquer.

Et même après 30 ans de métier, on a toujours des choses à apprendre.

3- Etre plus créative

Pour développer sa créativité, il faut savoir sortir de sa zone de confort. Voir au-delà du style que porte une personne depuis toujours. Mais il faut avouer que certaines personnes nous inspirent plus que d'autres. Ce qu'il y a de plus excitant et de plus gratifiant: coiffer pour un événement spécial, bal, mariage, gala. On fait vraiment éclater notre créativité lorsqu'on nous donne carte blanche.

4- Mettre son ego de côté

Etre au service de...veut aussi dire respecter les décisions de notre clientèle. Les gens ont parfois envie d"essayer un autre coiffeur ou un autre salon. Il ne faut pas le prendre personnel surtout si on a toujours fait de son mieux. Si on garde une attitude noble, on est récompensée le jour ou cette personne revient sur notre chaise ( et ça arrive souvent)

5- Etre psychologue mais pas trop

Il y a une bonne part de psychologie dans le domaine de la coiffure. On est tributaire des débalancements hormonaux, des mood swings, des bad hair day et des problèmes de tout et chacun.
On reçoit bien des confidences mais il faut se protéger. Savoir mettre ses limites. Premièrement pcq on est pas qualifiée pour ça et deuxièmement on ne peut pas charger les mêmes honoraires qu'un psy.

On a parfois affaire à des gens qui ne sont pas bien dans leur peau, qui se sentent insécures ou qui ont la crise capillaire facile.  En matière de comportements déplacés ou frisant le ridicule,  je pourrais écrire tout une brique...

6- Prendre soin de sa santé

Plusieurs personnes qui étudient en coiffure ne font finalement pas plus de 2,3 ans dans l'industrie. Si on veut pratiquer notre métier longtemps, il est primordial de prendre soin de soi.
Bien manger et pas seulement le soir après une grosse journée de travail. Boire beaucoup d'eau
( même si certains jours, on a pratiquement pas le temps d'arrêter pour aller aux toilettes)
Et surtout ne pas boire que du café!
Porter des souliers confortables. Bien dormir. Faire de l’exercice afin d'optimiser notre niveau d’énergie.
Bref, être disciplinée!

7- Accueillir cette source intarissable d'informations

C'est tout un avantage de rencontrer autant de gens de tant de sphères d’activités différentes. Oui, maintenant il y a google mais c'est tellement plus plaisant d’échanger, d'avoir des conversations intéressantes et pouvoir en prime obtenir de pertinentes informations sur une tonne de sujets. Vous savez toutes les questions gênantes qui ne concernent ni un médecin ni un psy. Lorsqu'on ne veut pas non plus laisser de traces sur les forums de discussion sur internet, il y aura toujours une cliente qui connaîtra la réponse tant souhaité!

8- Dire la vérité

On a rien à gagner à promettre des miracles si on sait au fond que c'est mission impossible. Si la santé du cheveu est notre priorité, il faudra dire à la cliente qui a les cheveux colorés noirs et qui souhaite devenir blonde que ça ne se fera pas en une journée. Tout comme pour Rome.
Et pour celles qui nous demandent de les passer entre deux, dans un p'tit trou, il faut dire la vérité, non, on ne peut pas en 15 minutes étirer de longs cheveux frisés et épais.

9- Choisir ses batailles

Travailler avec des femmes c'est un peu comme élever des ados. On fait face à des êtres régis par leurs hormones. Il y a les particularités de chacune, les caprices, les attitudes, les humeurs, les impatiences. Vaut mieux choisir ses batailles, se concentrer sur l'essentiel, soit la bonne entente, le travail d'équipe et la bienveillance. Et surtout apprendre à ne  rien prendre personnel.

10- Composer avec les photos PINTEREST

Oui, on peut s'inspirer des million d’idées qu'on trouve sur internet mais lorsqu'une cliente arrive avec un chef-d'oeuvre capillaire d'un modèle avec la chevelure parfaite et une coloration impressionnante parce que captée sous un projecteur qui renvoie un éclairage plus que parfait, on peut facilement se sentir incompétente si on essaie de reproduire ça sur une tète et une chevelure qui se trouve a mille lieux du dit modèle. C'est toujours délicat de devoir mettre une cliente devant une réalité dont elle n'avait pas conscience. La ligne est parfois mince entre le rêve et la réalité et à d'autres occasions, l'étendu d'un territoire!

Il n'y a rien de mieux que de simplement sublimer la beauté naturelle!

Sur ce, je retourne à ma clientèle...