L'APPRÉCIATION DES CHOSES
Il y eut un temps, pendant une bonne dizaine d'années en fait où je me cherchais, où j'attendais quelque chose...certains vivent cette crise à 40 ou à 50 ans, moi, ce fut durant la trentaine. J'étais en pleine remise en question de tout. J'aurais voulu que ma vie ressemble aux histoires que l'on voit dans les films, aux scènes romantiques et aux revirements inattendus.
Que de temps perdu à envier les autres! Et même si ce n'était pas de la jalousie malsaine, ça me faisait du tort à moi. Je me comparais trop aux autres. Les gens faisaient de beaux voyages, de belles rénovations, acquéraient de beaux biens matériels... Tandis que moi, je trouvais ma vie plate. Aujourd'hui, je suis heureuse pour les autres et j'ai appris que ce qu'ils peuvent dire et l'image qu'ils projettent ne sont pas toujours le reflet de leur réalité.
Je me rappelle que pendant cette période lorsque je me retrouvais devant les cartes d'anniversaire à la pharmacie, je ne trouvais rien qui traduisait mes sentiments, rien ne convenait. Une amie m'avait dit qu'il fallait accepter les choses ou les changer. Moi, je ne voulais rien changer ni les accepter non plus si ''accepter'' voulait dire, ''se contenter'' ou ''endurer''. Aujourd'hui je comprends ce que je recherchais car je l'ai enfin trouvé. Je voulais apprécier réellement les choses, les ressentir profondément. Et ce sentiment ne s'achète pas. Si on attend que tout soit parfait dans notre relation de couple, dans le travail, dans notre lien avec nos enfants, si on attend qu'un agent extérieur nous rende heureuse, que les choses changent comme par magie, nous pouvons être désillusionnée et devenir aigrie.
Un sentiment de paix et de bonheur intérieur arrive tout simplement à force d'expériences de vie. En communiquant bien avec autrui et en exprimant clairement ce que l'on veut . Certains ont le bonheur facile et une prédisposition à apprécier leur vie comme elle est. Pour d'autres comme moi qui sommes plus exigeants, nous atteignons cette béatitude et ce bien-être en récoltant le bonheur qu'on a semé au bout d'un certain temps et non chaque année comme pour les récoltes d'automne. Et au lieu de regarder trop loin ou trop large, remarquer les petits bonheurs tous proches.
Pourtant ma mère me disait souvent de focusser sur le positif et non sur le négatif. De voir les qualités des gens plutôt que leurs défauts, Le bon côté des choses au lieu des irritants. Et j'essayais de tout mettre ça en pratique, je le prêchais à tout vent sans toutefois y croire réellement...Je croyais pourtant que j'appliquais ces principes dans ma vie mais maintenant je sais faire la différence parce que cette sensation que je ressens lorsque le bonheur se pointe est authentique . Je l'accueille véritablement et elle me nourrit. Et surtout je ne l'évalue plus sur le barème ou l'échelle du bonheur.
Malheureusement il faut souvent vivre un peu de malheur pour apprécier le bonheur. Alors aujourd'hui je peux dire que le plaisir est pour moi et non comparable. Je le mérite et je le prends. J'y goûte et le savoure puis je le garde précieusement dans un tiroir de mon cœur. Et quand je serai vieille et épuisée, j'irai puiser dans ces beaux souvenirs pour m'accrocher encore un sourire au visage et pouvoir me dire que j'ai été chanceuse et privilégiée!