NOVEMBRE 2017
J'ai 50 ans...ma mère qui me connaissait par cœur, celle qui me comprenait le plus, celle qui ne me jugeait pas, qui m'aimait inconditionnellement...n'est plus. Elle me manque tellement et son départ me confronte à ma propre existence. À mon urgence de vivre. Et à mon besoin de penser enfin à moi...
Sur un coup de tête, j'ai décidé de cesser de rabattre sous le tapis mes insatisfactions, mes besoins refoulés, mes vérités, mes innommables désirs, mes évidences... Je me suis installée devant la glace et pour une fois, je ne pouvais plus me mentir. Projeter l'image de la fille positive en tout temps, joviale pour tous ceux qui ne le sont pas, celle à qui tout réussi.... De la fille qui se dit heureuse et amoureuse.
En 30 ans, cette fille a fait plus que le tour de son jardin. Elle l'a entretenu, l'a désherbé, y a planté de beaux végétaux, l'a arrosé, l'a soigné comme le plus beau des terreau fertile, a protégé ses plantes du gel, a utilisé de bons engrais... mais si après tous ces efforts, les vivaces ne produisent plus de fleurs...que faut-il en déduire? Et lorsque cette évidence se révèle enfin dans toute sa clarté...que faut-il en faire...
Et bien aujourd'hui, ( 21 novembre) je pars. Je fais mes valises et je file vers je ne sais où...vers une nouvelle vie. Une perspective qui me donne le vertige quoique...mais qui m'enivre aussi.
Je ne balaie pas 30 ans de ma vie comme si ce n'était rien. Je m'y suis investie à fond et c'est avec regret que j'y renonce. Je baisse les bras. Je jette les armes...je m'avoue vaincue. Sans chicane, sans tiraillement, sans blesser, sans rancune ni ressentiment...je pars tout simplement. Ni comme la première, ni la dernière. C'est à mon tour tout simplement. Le moment est arrivé, l'heure a sonné. Je me sens déstabilisée, ne m'appuyant sur personne à part moi-même pour la première fois de ma vie.
Et c'est quand même difficile d'imposer un tel bouleversement à mes proches, mais je dois assumer...assumer le fait qu'un grand mystère se dresse au cœur de ma nouvelle vie, l'inconnu que je devrai apprivoiser minute par minute, d'heure en heure, de jour en jour...
Mais au-dessus de mon existence, au-delà de ma petite personne, bien humblement, je reconnais la confiance, celle qui me guide désormais. Je chasse l'anxiété, les peurs et les doutes, je les chasse de ma pensée. Je me libère l'esprit afin de laisser toute la place au ''lâcher prise''. Ne pas anticiper, surtout ne pas appréhender. Laisser venir, laisser entrer le bon, le beau et le meilleur.
Comme un mantra, je me parle. Je calme mes ardeurs, je ralenti la cadence. J'apprends à devenir plus zen, plus patiente, plus confiante. Chaque chose en son temps, au moment où il est plus propice que ces choses arrivent. Je crois en la synchronicité, aux signes qui nous éclairent sur les décisions à prendre, les choix à assumer. Et contrairement au hasard, je crois aux rendez-vous.
À la croisée des chemins, une envie d'aller à droite ou à gauche comme si une lueur nous indiquait la route à emprunter. Un bout de sentier cahoteux d'abord, qui ne nous parait pas très invitant. Puis après quelques temps, un air d'aller plus agréable se fait sentir. Un chemin plus doux, sans-à-coups, sans secousse. Simplement la bonne voie afin de poursuivre son destin.
Alors on sait...
on sait qu'on a fait la bonne chose, pour soi, pour notre intégrité et notre bonheur.
''Le bonheur n'est pas le sourire que tu affiches quand tu es face aux autres, mais celui qui te reste dans le cœur quand tu es face à toi-même.''
- John Joos
Magnifique! bravo Nancie, je suis tres fiere et tres contente pour toi.
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